Entre commerce et controverse Les révélations sur le soutien économique américain au conflit israélo-palestinien

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En 2022, les États-Unis ont exporté pour 20 milliards de dollars de biens et services vers Israël, représentant 13,3 % des importations totales de ce dernier, excluant les dons et subventions. D’après le bureau du représentant commercial des États-Unis, ces échanges incluaient majoritairement des produits issus de filiales américaines basées en territoire occupé palestinien, avec des importations en provenance d’Israël évaluées à 30,6 milliards de dollars, soit 18,6 % des exportations israéliennes.

Ces chiffres mettent en lumière le rôle clé du commerce et de l’investissement américains dans l’économie israélienne, soulignant un possible point de levier pour les mouvements de boycott visant à remettre en question la vente d’armes américaines et à exercer une pression sur les entreprises et le gouvernement américains complices de ce qu’ils considèrent comme une injustice. Parmi les exemples de cette complicité, Exxon Mobil et Valero fournissent le carburant pour les avions bombardant incessamment la bande de Gaza depuis le 8 octobre 2023, sans oublier les frappes sur le Liban et la Syrie. Motorola Solutions, de son côté, livre technologies et soutien pour la surveillance des Palestiniens dans la Cisjordanie, aux checkpoints de Jérusalem, de Gaza et dans l’ensemble de la Cisjordanie. Des entreprises comme TripAdvisor et Airbnb, par le biais de leurs sites web, sont accusées de servir les intérêts de l’occupation en listant des propriétés situées dans les colonies de peuplement en Cisjordanie et le Golan, participant ainsi indirectement à l’occupation. Les États-Unis abritent environ 83 % des plus grandes entreprises de fabrication d’armes, dont Lockheed Martin, Northrop Grumman, Boeing, General Dynamics, et RTX (anciennement Raytheon). L’augmentation de la valeur de leurs actions depuis le début des hostilités en octobre 2023 témoigne de leur profit direct tiré du conflit, avec des dirigeants se félicitant publiquement des opportunités de vente d’armes qu’offre la guerre, comme des fusils d’assaut, de l’artillerie, des missiles Hellfire, et du phosphore blanc, dont l’utilisation est interdite. D’autres sociétés américaines, moins liées à l’industrie de l’armement, comme Hewlett-Packard, Chevron, et RE/MAX, sont également impliquées dans le soutien économique à l’occupation israélienne, fournissant respectivement technologie, extraction de gaz, et commercialisation immobilière dans les territoires occupés. Cette situation soulève des questions éthiques profondes sur le rôle des entreprises internationales dans les conflits et les occupations, interrogeant la responsabilité sociale des géants économiques face aux droits humains et à l’autodétermination des peuples.

Par Mohamed Tahar Aissani

 

 

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