États-Unis-Répression des voix pro-palestiniennes Entre pressions gouvernementales et menaces judiciaires, un climat de peur s’installe

0
101

Dans un écho inquiétant à l’époque de McCarthy après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis sont témoins d’une vague répressive sans précédent à l’encontre des voix soutenant les Palestiniens et critiquant les agressions sionistes.

Ces individus font face à des menaces de poursuites judiciaires, d’inscriptions sur des listes noires et de licenciements, rappelant le climat de suspicion et d’accusation qui prévalait à la fin des années 1950. Tout soutien exprimé envers les Palestiniens est désormais rapidement catalogué de préjugé, raciste, incitant à la violence, et antisémite. Au début de mars 2024, la coopération entre l’Anti-Defamation League (ADL), l’une des plus grandes organisations sionistes, et le Louis D. Brandeis Center for Human Rights Under Law a marqué un tournant. Ensemble, ils ont adressé un avertissement à plus de deux cents universités et collèges américains, exigeant l’interdiction de l’organisation étudiante Students for Justice in Palestine (SJP) et la mise en place d’enquêtes sur son financement et sur les possibles violations des règlements et lois étatiques et fédérales, les accusant même de soutenir potentiellement le terrorisme. Cette intensification de la répression politique et de la pression gouvernementale cible spécifiquement les critiques de l’entité sioniste et les défenseurs des droits palestiniens. L’administration Biden a instruit le Département de la Sécurité intérieure et le Département de la Justice de collaborer avec les forces de l’ordre universitaires pour surveiller les discours de haine en ligne. Les campagnes de répression, les menaces de poursuites judiciaires, les interdictions imposées par l’État, la surveillance fédérale, et les pressions politiques sur le discours pro-palestinien ont augmenté, tandis que les organisations sionistes utilisent l’autorité de l’État pour cibler et limiter la liberté d’expression. Sous la pression des grandes entreprises cotées à Wall Street, qui ont fait des donations substantielles, les universités sont poussées à exercer des pressions et à publier des listes d’étudiants réfractaires. Les directeurs exécutifs et les cabinets de conseil et d’avocats sont incités à ne pas employer ceux qui critiquent ouvertement l’entité sioniste. Des candidats à des postes dans des universités prestigieuses comme Columbia, Harvard et l’Université de l’Arkansas sont interrogés sur leurs opinions concernant les événements en Palestine, et plusieurs sites sionistes ont mis en danger la sécurité physique de personnes en publiant leurs noms complets, photos et lieux de naissance, les cataloguant comme « soutiens au terrorisme ». Certaines États américains exigent désormais des entrepreneurs gouvernementaux qu’ils signent un engagement à ne pas boycotter Israël, liant ainsi la censure anti-palestinienne à des politiques anti-ouvrières et accusant les syndicats organisant des grèves de « soutenir le terrorisme palestinien ». Dans le secteur des médias, l’administration de plusieurs journaux et autres moyens d’expression a interdit les commentaires sur le blocus sioniste et sur l’affamement des Palestiniens jusqu’à la mort, entraînant la démission de nombreux journalistes de souche arabe ou de rédacteurs en protestation ou en solidarité avec leurs collègues. Ces développements soulignent non seulement un regain de répression gouvernementale et de tentatives de criminalisation de la liberté d’expression, mais également un climat général d’intimidation et d’accusations infondées qui dénaturent les déclarations et les opinions des individus, mettant ainsi en œuvre une campagne de répression via divers canaux gouvernementaux et privés contre tous ceux qui s’alignent ou soutiennent la cause palestinienne.

Par Mohamed Tahar Aissani

 

 

 

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici