Réorganisation du secteur public industriel : Une nécessité et des ambitions

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Le ministre de l’industrie et de la production pharmaceutique, Ali Aoun, a dévoilé la stratégie industrielle de la nouvelle Algérie. Elle est tout autant réaliste qu’ambitieuse. Pour le ministre le secteur étatique industriel dont l’importance n’est plus à démontrer dans le fonctionnement de l’économie nationale doit obéir désormais à des règles nouvelles, lesquelles incluent la performance et la compétitivité. Instruments clés de la réussite et du maintien vie de ce secteur.

Il est question de grouper des cœurs de métiers et leurs apparentés en holdings de statut public lesquels devront inclure un actionnariat non fictif comme c’est le cas présent. Par actionnariat il faut comprendre leur entrée en bourse de manière progressive. Cela change tout car nous n’aurons plus affaire à des conseils d’administration du genre «racham H’maida, Hmaida racham» comme cela existe aujourd’hui dans les groupes industriels existants du genre SIDER où l’Etat est actionnaire à cent pour cent et dont les membres du CA   de ce regroupement d’entreprises et filiales  sont exclusivement des cadres dirigeants de ces mêmes entreprises  composant  celui-ci , qui se réunissent souvent pour cumuler ce qu’ils appellent les jetons de présence monnayés mais également et après chaque bilan annuel  ces membres s’octroient des stocks options comme cela se pratiques dans les entreprises privées des pays capitalistes. Or nous sommes à des années lumière d’une telle pratique. Nous commençons, toutefois  à  saisir la portée de l’actionnariat en bourse. Cela suppose pour que cela soit possible la vente et l’achat d’actions par des entreprises, de banques mais aussi  d’individualités. Allons–nous nous acheminer vers une telle solution? Tout dépendra de la volonté de l’Etat. Il semble en tous cas que ce regroupement d’entreprises publiques en groupes industriels ou holdings est une première étape. Il n’est pas concevable d’après ce que semble dire M.Aoun à ce sujet que cette réorganisation qui existe au demeurant partiellement, reste à un stade inachevé. La réorganisation du secteur industriel public n’a jamais été une mince affaire, loin de là. Il faut pour qu’elle ait un sens et une ambition de réussite. Il faut surtout  éviter de faire semblant, comme cela a toujours été le cas jusqu’ici. Le temps des simulacres est fini, c’est du moins ce que laisse entendre le ministre de l’industrie et de la production pharmaceutique. Il faut agir mais l’action doit être cohérente et surtout porteuse de résultats, sans quoi, il ne sert à rien de placer les pions d’un échiquier pour  ne pas jouer une partie en laissant fixes les pions en question. Le pays est en train d’avancer économiquement et la croissance est  encourageante. Le secteur privé, en pleine évolution est en train de réussir là où le secteur public, pourtant mieux équipé et disposant de personnels qualifiés et en nombre suffisant avance lentement. Or cet héritage des années soixante dix où l’Etat régnait en maitre dans l’économie nationale n’a cessé de péricliter au point d’être, à un certain moment donné, l’ombre de lui-même. N’est –il pas temps de le revitaliser  mais  surement pas  en adoptant les mesures anciennes qui sont à l’origine de son déclin. Il faut donc une réadaptation intelligente  donnant à ce secteur l’occasion de se régénérer et de se mettre au diapason de son rival le secteur privé. A eux deux ils donneront à l’économie nationale cette ambition de devenir un jour une puissance économique  à l’échelle du continent africain.

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