Sidérurgie algérienne :Ce phénix renaissant de ses cendres

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On n’y croyait pas et pourtant ! La sidérurgie algérienne reprend un souffle extraordinaire après  une asphyxie que l’on pensait chronique et menant à une lente agonie. Pendant des années on avait misé sur le complexe sidérurgique d’El Hadjar que l’on présentait comme le fleuron de l’industrie algérienne. Des milliards de dollars ont été dépensés pour le maintenir à flot mais rien n’y fit. Il fallait voir ailleurs et trouver une autre solution et celle –ci se présenta d’abord avec Tosyali puis avec Bellara. Bechar  sera le complexe suivant.

Il fallait donc miser sur la diversification et un partenariat étranger. Les Turcs ont vite répondu présent en s’associant avec leurs partenaires algériens près d’Oran où ils purent exploiter très intelligemment une production d’un type d’acier très demandé et facilement exportable. Il a fallu un an pour que ce qui était une simple usine au départ devienne, peu à peu, un complexe intégré mais non gigantesque comme ce fut le cas pour le complexe  d’El Hadjar dont les rénovations ne finissaient et souvent pour un aigre résultat. Il ne fallait donc pas reproduire les mêmes erreurs d’où cette ingéniosité d’y aller par étapes en maitrisant l’une fort bien avant de passer à l’autre. C’est ainsi que le complexe d’Oran est devenu performant et compétitif au point d’exporter une partie de sa production vers les Etats–Unis. L’autre partie, non moins importante, était réservée à l’industrie locale. Une réussite donc que l’Etat entendait reproduire avec un autre partenaire qui a les moyens, s’agissant du Qatar, cet émirat du golfe qui a compris que l’Algérie était le meilleur partenaire du monde arabe. C’est ainsi que sans sourciller il s’engagea dans la réalisation d’un grand complexe sidérurgique installé non loin de Jijel et  à proximité d’un port nouvellement construit avec l’aide et les investissements qataris, celui de Djendjen. Ce second complexe comme celui de Tosyali ne fonctionne pas  avec des hauts fourneaux comme c’est le cas d’El Hadjar, dont pratiquement toutes les sidérurgies performantes au monde ont abandonné le principe, trop couteux et exigeant en permanence une maintenance accrue pour  éviter qu’ils  ne s’éteignent  comme cela est souvent arrivé à El Hadjar. C’est donc une nouvelle technologie de production qui a été choisie pour ces deux complexes qui commencent déjà à produire quantitativement et qualitativement de l’acier à destination de la production nationale laquelle , entre temps,  s’est diversifiée et augmentée ces trois dernières années au point que l’on songe à présent d’en spécifier la production d’acier pour l’industrie automobile naissante mais aussi pour les nouvelles techniques de construction gourmandes en armature métallique. Avec  la mise en production de la mine de Gara Djebilet à l’ouest  un des gisements répertoriés comme parmi les grands gisement miniers au monde et la rénovation des mines de Djebel Onk et d’Ouenza à l’est du pays ce n’est pas le minerai de fer qui manquera à tel enseigne que l‘Algérie est pressentie pour le moyen terme comme un grand exportateur d’acier brut ou amélioré. C’est surtout vers l’Europe  qui a abandonné  ses bassins houillers provoquant la fermeture par dizaines d’importants pôles sidérurgiques notamment à l’ouest de ce continent que la demande d’acier algérien se fera en quantité à cause de la proximité et des prix attractifs qui seront affichés .

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