Le sommet de Bahreïn a récemment réuni les dirigeants arabes pour discuter de la situation critique au Proche-Orient, en particulier de la guerre entre Israël et le Hamas dans la bande de Ghaza. Cependant, ce sommet a été marqué par des discours contradictoires et des prises de position embarrassantes, révélant des paradoxes risibles et des merveilles lamentables.
Le discours d’Antonio Guterres, Secrétaire Général des Nations Unies, a résonné plus fort que celui de la plupart des dirigeants arabes. En particulier, il a surpassé celui d’Ahmed Abou El Gheith, Secrétaire Général de la Ligue arabe, qui a accumulé, selon les observateurs, 676 erreurs de langue et de prononciation. Ce nombre astronomique d’erreurs a été une véritable catastrophe linguistique, embarrassante même pour les pierres. En comparaison, Moussa Faki, président tchadien de la Commission de l’Union Africaine, a impressionné par son éloquence inégalée. Lorsque Guterres a pris la parole, il a commencé fièrement en disant : « Je suis né à Lisbonne, une ville qui faisait partie de l’Andalousie arabe, alors que Bagdad était la capitale du califat abbasside et du monde entier. » Étonnamment, personne n’a applaudi. Peut-être que les participants ignoraient l’existence de l’Andalousie, ou peut-être qu’ils ne voulaient pas en entendre parler. Cette génération de dirigeants arabes a été qualifiée de la pire depuis au moins cent ans. Dans la plupart de leurs discours insipides, personne n’a condamné l’agression contre Ghaza, ni dénoncé le génocide ou la guerre à Ghaza. Aucun dirigeant n’a exigé l’expulsion des ambassadeurs de l’ennemi ou même menacé de le faire. Personne n’a appelé à cesser la normalisation avec l’occupant. Personne n’a salué l’Afrique du Sud pour ses efforts à la Cour internationale de justice, ni les pays d’Amérique latine qui ont rompu leurs relations avec l’occupant, ni les pays européens prêts à reconnaître immédiatement l’État palestinien. Les manifestants à travers le monde, qui, depuis sept mois, clament leur soutien à Ghaza et à la Palestine, ainsi que les étudiants des universités américaines et européennes, futurs leaders, qui ont déclenché une révolution de conscience mondiale, n’ont pas été salués non plus. À part les discours de la Libye et de l’Algérie, personne n’a vraiment pris position. Même Mahmoud Abbas a condamné le 7 octobre avec rancœur, affirmant que le Hamas avait offert à l’occupant une excuse pour ce jour-là.
L’Algérie : Une Voix de Résistance
L’Algérie, fidèle à ses principes, a été l’un des rares pays à prendre une position ferme lors de ce sommet. Elle a réaffirmé son engagement indéfectible envers la cause palestinienne et a condamné fermement les agressions israéliennes contre Ghaza. Cette prise de position courageuse contraste fortement avec le silence assourdissant de nombreux autres dirigeants arabes, soulignant l’isolement grandissant de ceux qui choisissent de normaliser leurs relations avec l’occupant. L’Algérie a également appelé à une mobilisation internationale pour soutenir les efforts en faveur de la reconnaissance de l’État palestinien et a encouragé la solidarité avec les peuples opprimés du monde entier. Cette position reflète non seulement les aspirations du peuple algérien, mais aussi un engagement moral envers les principes de justice et de dignité humaine. La société civile doit prendre le relais là où les dirigeants échouent. Elle est encouragée à s’engager activement pour soutenir Ghaza et la Palestine, participer aux manifestations, s’éduquer sur l’histoire de l’Andalousie et du monde arabe, et faire entendre sa voix contre les injustices. L’action collective peut réveiller les consciences et pousser les dirigeants à agir enfin avec courage et dignité.
La Position de Bahreïn
Le roi du Bahreïn a appelé à une « conférence internationale pour la paix » au Proche-Orient, ainsi qu’à « soutenir la pleine reconnaissance de l’État de Palestine et son adhésion aux Nations unies ». Cette déclaration a été faite à l’ouverture du 33e sommet de la Ligue arabe à Manama, en présence de nombreux dirigeants arabes et du Secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres. Guterres a estimé que la guerre qui ravage la bande de Ghaza depuis plus de sept mois était « une plaie ouverte qui menace d’infecter toute la région ». Il a réitéré son appel à la « libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages » et à un « cessez-le-feu humanitaire immédiat ». Il a également déclaré que « toute offensive sur Rafah est inacceptable », alors qu’Israël menace de lancer une offensive d’envergure sur cette ville du sud de la bande de Ghaza où s’entassent des centaines de milliers de déplacés. Les chefs d’État et de gouvernements de la région s’étaient déjà réunis en novembre à Riyad, en Arabie saoudite, lors d’un sommet d’urgence organisé conjointement avec l’Organisation de la coopération islamique (OCI). Ils avaient alors condamné l’offensive d’Israël, tout en s’abstenant d’énoncer des mesures économiques et politiques punitives à son encontre, malgré la colère populaire dans un monde arabe et musulman acquis à la cause palestinienne. Le sommet de Bahreïn a révélé des paradoxes risibles et des merveilles lamentables dans la conduite des dirigeants arabes. Cependant, il a également mis en lumière les voix de résistance et d’intégrité, telles que celle de l’Algérie, qui continuent de défendre les principes de justice et de dignité. Il est temps pour la société civile de se lever, de s’informer et de s’engager activement pour un avenir où les valeurs humaines prévaudront sur les intérêts politiques mesquins.
Par Mohamed Tahar Aissani
