L’Algérie et la géopolitique: Un équilibre indispensable

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Dans ce monde où les divisions sont de plus en plus nombreuses où on doit faire des choix l’Algérie a choisi l’équilibrisme, cheminement ardu et plein d’embuches car difficilement conciliable avec toute notion incluant l’amitié inconditionnelle. En fait la conditionnalité disparait quand il est question d’intérêt national et de préservation de la souveraineté économique.

Ainsi entre les Etats–Unis et l’Algérie il existe des divergences idéologiques et politiques insurmontables. Les deux pays font de l’escrime à fleuret moucheté au sein du conseil de sécurité de l’ONU. Le représentant algérien porte à son adversaire américain des coups sévères qui le font chanceler mais, pas le vaincre grâce à la botte secrète du fameux véto dont ce dernier dispose, étant membre permanent. Il y a aussi une divergence de plus et non des moindres, celle de la reconnaissance de la marocanité du Sahara occidental initiée par Donald Trump et que Biden n’a pas mis fin. Malgré ce gouffre politique qui sépare les deux pays, lequel au demeurant remonte à loin dans le temps, dans le domaine économique les échanges entre les deux pays n’ont jamais été interrompus. Il y a toujours eu des contrats d’association et de partenariat entre des entreprises américaines et des EPE algériennes, particulièrement dans les hydrocarbures. Souvenons–nous lorsque en 1971 l’Algérie par la voix de son dirigeant de l’époque, un certain Houari Boumediene avait décrété la nationalisation de 51%  du pétrole, la France avait alors interrompu ses achats, voulant faire plier l’Algérie, les Américains  avaient alors répondu présent et avaient pris la place des compagnies pétrolières françaises. Des exemples de ce genre en Algérie sont fréquents surtout avec la France qui considérait que l’Algérie était sa chasse gardée. Combien de fois n’avions–nous pas frôlé la rupture quasiment diplomatique et entrainant des conséquences économiques? La raison l’a finalement toujours emporté d’un coté comme de l’autre et on finissait par reprendre des liens qui restaient et restent d’ailleurs toujours fragilisés, notamment à cause du passé colonial que la France continue d’encenser mais que l’Algérie ne veut plus en entendre parler. Malgré tout on continue surtout du coté algérien à ne pas jeter de l’huile sur le feu car le bellicisme quel que soit sa justification n’est pas la solution. On peut ne pas être d’accord sur des questions fondamentales sans pour autant se cracher au visage. C’est cette politique équilibriste qu‘a choisie l’Algérie depuis son accession à l’indépendance  avec les pays comme l’URSS, la Chine de Mao, le Viet Nam d’HO Chi Minh, Cuba de Fidel Castro mais aussi avec les pays capitalistes comme l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Grèce et dans une moindre mesure l’Allemagne de l’ouest dont la capitale était Bonn à l’époque de la division du monde en deux blocs. En  s’inscrivant dans le mouvement des pays dits non alignés ,l’Algérie voulait démontrer son attachement à l’indépendance de sa prise de décision en établissant des liens avec ce qu’on appelait à l’époque les inconciliables et elle y réussit sauf en ce qui concerne certaines prises de position immuables et devenues fondamentales dans la politique extérieure de ce pays. La question palestinienne en fait partie et c’était déjà le cas en 1962  juste après l’installation du pouvoir algérien qui succéda à la présence française. Israël avait envoyé à Alger un navire transportant une aide matérielle à notre pays, une  sorte de main tendue à ce pays arabe qui ne ressemblait pas aux autres mais quelle fut leur surprise lorsque les nouvelles autorités de ce pays déclinèrent en faisant savoir que tant que les palestiniens à l’époque réfugiés ne retournent pas en leur pays qui n’est autre que la Palestine il ne peut exister de lien avec un régime spoliateur d’une terre millénaire arabe. Une position inchangée depuis 62 ans et qui tranche avec celle de nombreux pays arabes qui ont accepté le fait accompli. C’est aussi cela l’équilibre de la positon algérienne dans ce monde en pleine mutation.

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