Suite à la crise diplomatique, les relations entre l’Espagne et l’Algérie traversent une crise majeure, en raison du revirement de position espagnole sur la question du Sahara occidental. Cette crise a eu des conséquences économiques considérables pour l’Espagne, qui a subi une chute drastique de ses exportations vers l’Algérie et par conséquent d’énormes pertes.
En effet, le média espagnol spécialisé en porcelaine et céramique «El Periodico de Azulejo» a rapporté dans un article publié le 16 mai dernier, l’ampleur de ces pertes. Rapportant des chiffres du Ministère espagnol du commerce, le média souligne qu’au cours des deux premiers mois de l’année 2024, les exportations vers l’Algérie ont atteint 163 millions d’euros, dont 133 millions de biens d’équipement. Ces chiffres contrastent avec les 17 millions enregistrés entre janvier et février 2023, mais sont encore très loin des 334 millions enregistrés au cours des deux premiers mois de 2022, alors que la crise diplomatique n’avait pas encore eu lieu. Les données spécifiques sur les exportations de matériel de transport sont frappantes, puisqu’elles s’élèvent à 126 millions d’euros, contre zéro million pour cette période en 2023 et 4 millions en 2022. Les exportations du secteur automobile sont également supérieures à celles qui existaient avant la crise. Ainsi, ils s’élèvent à 11 millions, contre 2 millions l’an dernier et 5 millions en 2022. Concernant le total pour 2023, les données font ressortir que les exportations ont été d’une valeur de 331,8 millions d’euros, soit 67,5% de moins que l’année précédente. Déjà en 2022, les échanges commerciaux avec l’Algérie avaient chuté depuis l’été et s’étaient clôturés cette année-là à 1021 millions, soit 45,9 % de moins qu’en 2021, lorsque les exportations s’élevaient à 1888 millions. Toutefois, le média se félicite du fait que l’arrivée du gaz algérien en Espagne est restée inchangée, ce que le gouvernement espagnol a souligné chaque fois qu’il en a l’occasion. L’Algérie est redevenue le principal fournisseur de gaz en avril, devant la Russie et le Nigeria.
Par Kheireddine Boukhalfa
