Un expert plaide pour l’annulation de l’accord d’association avec l’UE

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L’économie algérienne se tourne vers l’avenir en renforçant sa diplomatie économique et en diversifiant ses partenariats commerciaux. Dans un entretien accordé à l’Algérie Aujourd’hui, Ali Bey Nasri, expert en économie et ancien président de l’association des exportateurs (Anexal), évoque le rôle de la diplomatie économique dans la promotion des exportations algériennes et le dossier sensible de l’accord d’association avec l’Union européenne.

D’ailleurs, il appelle à l’annulation de cet accord si l’UE recourt à un arbitrage international. En effet, M. Nasri commence par saluer l’initiative de lier le ministère du Commerce à la diplomatie économique à travers un partenariat entre l’institut des relations diplomatiques et la Chambre algérienne du commerce et d’industrie (Caci). A cet effet,  il souligne l’importance de définir clairement les rôles et préconise que les conseils d’affaires soient pilotés par les organisations patronales sous la supervision du ministère du Commerce. Selon lui, la diplomatie économique se résume essentiellement au lobbying, à la connaissance des marchés et des institutions. Néanmoins, Il regrette le manque d’information et de coordination entre les représentations diplomatiques et les acteurs économiques nationaux, ce qui prive ces derniers d’opportunités importantes, notamment en Afrique. Par ailleurs, M. Nasri a insisté sur l’importance de l’Afrique et de l’Europe pour l’Algérie, en plus du reste du monde. Il appelle à saisir l’opportunité offerte par la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) en encourageant la pénétration du marché africain par les entreprises algériennes. Concernant l’Europe, il exprime sa préoccupation face aux récentes remises en cause par l’UE de la politique de protection de l’économie algérienne dans le cadre de l’accord d’association entré en vigueur en 2005. A ce propos, M. Nasri se montre ferme: si l’UE porte l’affaire devant l’organisme de règlement des différends, l’Algérie doit exiger l’application de l’article 107 et sortir de l’accord, comme l’a fait le Royaume-Uni. Il nuance toutefois son propos en soulignant que l’Algérie n’est pas en déficit commercial global vis-à-vis de l’UE, grâce aux exportations hors hydrocarbures.

Par Kheireddine Boukhalfa

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