Saïd Boukhelifa, expert international «Qu’on libère le tourisme!»

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 Au forum « El Moudjahid » qui consacre régulièrement des débats d’idées intéressants, impliquant des experts et des personnalités connues dans le monde politique et économique on a parlé  cette fois de la place d tourisme en Algérie. Un thème récurrent qui anime souvent les discussions mais peu de résultats sur le terrain.

C’est justement sur un tel sujet qu’un expert international dans le domaine du tourisme, Saïd Boukhelfa, invité de ce forum, qui n’était pas, au demeurant, le seul participant à cette réunion, a réussi à intéresser au plus haut point l’assistance. Il n’est pas allé par quatre chemins. Enonçant des vérités que personne n’a  osé révéler comme cela aurait dû être fait depuis longtemps, il a pour ainsi dire jeté un pavé dans la mare en usant un langage dénué de ce politiquement correct qu’on utilise souvent. En martelant cette expression «Qu’on libère le tourisme», il dénonce en fait la bureaucratie qui entoure ce domaine de l’économie qui a révélé son importance au cours  des années soixante dix, sous l’autorité et la surveillance de Houari Boumediene et qui a lentement glissé vers la médiocrité au milieu de la décennie quatre vingt. Il y a eu, depuis, un manque de volonté politique de tous les gouvernements de ces dernières décennies. En fait le tourisme s’est retrouvé dans une constante hibernation. Pour l’expert Boukhelifa on reste encore « embastillés » dans une multitude de textes qu’on ferait mieux de « les jeter à la poubelle ».  Pour cet expert qui cite un grand reporter français reconnu pour la qualité de ses reportages et qui a consacré une émission sur France 2 intitulée « L’Algérie vue du ciel » l’Algérie possède des possibilités inouïes dans le tourisme. Mais attention ajoute t-il, il ne s’agit pas de tourisme de masse mais un tourisme spécifique, adressé à une clientèle particulière. Une clientèle qui dispose de moyens  financiers  suffisants, qui exprime, en outre,  un besoin spécifique d’évasion physique à travers la découverte de grands espaces mais aussi de nourriture culturelle ayant un lien étroite avec le passé. On trouve tout cela en Algérie. Pour rappel, comme le souligne Saïd Boukhelifa dans son intervention qui cite encore une fois Yann Arthus Bertrand, lequel avait écrit dans un de ses livres que l’Algérie est et reste  le plus beau pays du monde, vue du ciel, mais au niveau du sol une telle beauté est laissée à, l’abandon, livrée aux ronces et aux intempéries . Contrairement à certains pays  qui ne disposent pas d’une telle splendeur mais qui ont consacré un effort conséquent à préserver leurs sites historiques en rehaussant par une restauration continue leur aspect et en construisant à proximité des structures d’hébergement épousant l’architecture historique et millénaire de ces sites. Pourtant  chez nous  à Tlemcen, précisément, cité qui fut pendant des années  la capitale d’une royauté, celle des Zianides un site comme celui de la  Mansourah  restauré comme il se doit peut devenir un haut lieu du tourisme culturel  si en plus  il y avait à sa proximité une infrastructure hôtelière et des aires de loisirs adaptés à ce type de tourisme. L’Algérie compte 22 sites archéologiques attestant d’une présence romaine imposante. C’est le deuxième pays du pourtour méditerranéen, après l’Italie, qui compte autant de sites archéologiques romains. Pourtant ces cités jadis romaines florissantes pour les unes ou sièges de grandes garnisons des légions  chargée d’assurer la défense de cette Algérie romanisée qui deviendra aussi pour un temps l’épicentre de la chrétienneté avec Saint Augustin d’Hippone et de Saint Donnât  dans cette Numidie voisine de  ce que fut Carthage à l’est et de Césarée au centre et à l’ouest. Et ce grand sud avec ces oasis dont on ne trouve nulle part ailleurs une équivalence et qui abritent des cités berbéro-arabes comme Ghardaïa, El Oued, Timimoune et ce lointain Tassili attestant une vie néolithique visible à travers ses fresques. C’est ce tourisme là qu’il faut développer et qui intéressera non pas la masse mais des cercles instruits et fortunés qui ne demandent qu’à voir ce qu’ils n’ont encore jamais vu.

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