Soutien de la France au prétendu plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental :La bourde de Macron

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La décision de Paris d’apporter son soutien au prétendu plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental n’a finalement trouvé d’appui qu’au sein du clan présidentiel et de l’extrême droite. La grande partie de la classe politique française, elle, ne lui a réservé que rejet, dénonciation et indignation.

Après le parti socialiste, le parti communiste français et la France insoumise, ce fut hier au tour du groupe écologiste du sénat français de clouer au pilori le président français en qualifiant sa décision d’«erreur historique majeure». Dans son communiqué de dénonciation, le groupe écologiste souligne que «cette lourde décision venant d’un homme seul à la tête d’un Etat, sans gouvernement ni majorité, sonne plus que jamais comme une erreur historique majeure et un énième fiasco sur la scène internationale du président de la République». Tout en rappelant leurs engagements pour «la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes et pour le respect du droit international», les écologistes ont condamné fermement la position de Macron qu’ils qualifient de «position personnelle» qui «va à l’encontre de la position historique (de la France) du droit international et des accords actuels entre le Maroc et le Front Polisario».

 

Une violation du droit international et des accords de 1991

Les écologistes ne se sont pas contentés de dénoncer ce revirement aux contours et enjeux suspects, puisqu’ils exigent au président français de «respecter le droit international et de faire prévaloir le droit sur les intérêts économiques collectifs et/ou individuels». Ils exigent également «la stricte application des accords de cessez-le-feu de 1991 entre le royaume du Maroc et le Front Polisario» et «le respect des arrêts de la cour de justice de l’union européenne». Mieux encore, les écologistes demandent également à l’ONU de «mettre tout en œuvre pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental» car, estiment-ils, la situation au Sahara occidental est «claire» et ce territoire considéré comme non autonome par l’ONU et l’ensemble des institutions internationales «ne peut être placé sous souveraineté marocaine». Pour démontrer qu’il s’agit bel et bien d’un dérapage que de soutenir ce prétendu plan marocain, les écologistes citent, pour preuve, les décisions de la cour de justice de l’UE (arrêts du 21 décembre 2016, du 20 février 2018, du 19 juillet 2018, du 30 novembre 2018 et du 29 septembre 2021) affirmant que le Sahara occidental dispose d’un «statut séparé et distinct» par rapport au territoire marocain et qu’il relève du droit à l’autodétermination. Avant les écologistes, le parti socialiste français a qualifié la décision de Macron de «tournant diplomatique précipité» et d’une «décision unilatérale, prise sans le moindre débat ni concertation avec le parlement».

Un coup de communication sans vision à long terme

Dans son communiqué publié jeudi, le PS a affirmé qu’à travers ce soutien «le président joue un coup de communication sans vision politique qui s’inscrive dans le temps long». Tout en prévenant que «la diplomatie française ne peut être conditionnée par la visite d’Etat prochaine d’Emmanuel Macron à Rabat», le PS a également exprimé «son inquiétude quant aux conséquences et appelle de ses vœux une diplomatie fondée sur l’apaisement et le dialogue» et rappelle «son engagement en faveur d’une politique étrangère respectueuse du droit international, des droits humains et de la libre détermination des peuples».

 «Macron a trahi la position historique de la France»

Plus virulent encore envers le président français, le parti communiste français (PCF) estime qu’«Emmanuel Macron trahit la position historique et équilibrée de la France sur les droits du peuple sahraoui comme sur les résolutions de l’ONU», alors que la France insoumise a estimé, par le biais de son député Hadrien Clouet que «ce geste précipité en pleins jeux olympiques de Paris, contre le droit international, sans débat, est une erreur».

«Un énième cadeau concédé à Rabat»

Pour sa part, le magazine français Marianne a qualifié la position de Macron d’«énième cadeau concédé à Rabat» par les gouvernements  français qui «n’ont cessé de courber l’échine devant les outrances marocaines». Pis encore, la diplomatie française «s’est une nouvelle fois prosternée devant la monarchie marocaine», a affirmé ce magazine qui a traité, dans un long article, les dessous de cette affaire. Il rappelle que Paris avait soutenu l’invasion militaire marocaine en 1975, sous Giscard d’Estaing qui considérait qu’un Sahara occidental sous contrôle marocain sera plus facilement exploitable par des entreprises françaises qu’un Sahara occidental indépendant, et que, depuis, la France n’a pas dévié de cette stratégie et n’a pas cessé de courber l’échine devant la monarchie. Les affaires énumérées par Marianne laissent aisément deviner qu’entre la France et le Maroc, c’est aussi une affaire de chantage de part et d’autre. Autrement, concernant le Sahara occidental, le dossier est déjà sur la table de l’ONU en tant qu’affaire de décolonisation. In l’Algérie aujourdhui.

Par S. Leslous

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