Ténès: La ville millénaire aux trésors touristiques inexploités

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Avec ses 3000 ans d’histoire, la ville de Ténès, nichée dans les monts du Dahra face à la Méditerranée, ouvre ses bras aux premiers vacanciers pour l’été. Chaque année, les plages de cette cité littorale de la wilaya de Chlef attirent des milliers de visiteurs venus des quatre coins du pays, ainsi que de nombreux émigrés qui retrouvent avec plaisir leurs racines.

Cependant, malgré ses atouts naturels indéniables, Ténès peine à se développer en tant que destination touristique digne de ce nom. Entre manque d’infrastructures hôtelières et de projets de développement, la perle du Chéliff a encore du chemin à parcourir pour offrir aux estivants l’accueil qu’elle mérite. En effet, à peine le mois d’aout a débuté que les vacanciers commencent à arriver, se dirigeant vers les plages du littoral est de la daïra, notamment celles de Ténès, Mostaganem, Oued El Melh, Sidi Abderrahmane, La Marsa, El Guelta, et Oued Zeboudj. Ces plages magnifiques attirent chaque année des milliers de visiteurs venus des différentes wilayas du pays. De plus, on observe également un afflux d’émigrés qui rentrent chaque année au pays pour profiter à la fois des plaisirs de la mer et de moments agréables en famille. Dans la région, que l’on soit émigré en France, aux États-Unis ou ailleurs, l’attachement au pays reste toujours très fort. Il faut dire dans ce sens que la réalisation de l’aéroport de Gouasmia, dans la ville de Chlef, a grandement facilité les retrouvailles familiales annuelles des estivants de la région, qui ne transitent plus par les aéroports d’Alger ou d’Oran. Cependant, le point noir constamment soulevé par les habitants de Ténès et les vacanciers est le manque criant d’infrastructures touristiques adéquates dans la ville. Comme le souligne un estivant qui loue chez l’habitant, « le manque d’hôtels, de pensions et autres appartements en location représentent un grand handicap pour le tourisme à Ténès ». Cette formule de location chez l’habitant n’est accessible qu’aux personnes ayant des connaissances dans la ville ou des parents dans les villages côtiers comme Sidi Abderrahmane, Dramla, Chaârir ou Oued Lekseb, près de la station de dessalement de Mainiss, tout près de la décharge. « C’est dire combien le tourisme est délaissé dans notre région », déplore Merouane, qui aimerait voir Ténès accueillir davantage d’estivants avec des structures d’accueil dignes de ce nom. Effectivement, Ténès, malgré ses ports de pêche et de commerce, ne compte qu’une poignée d’hôtels qui accueillent à l’année des travailleurs, et non des vacanciers. Selon H’mida, un habitant de la ville, après la destruction de l’hôtel Cartenna par des terroristes, les autorités n’ont plus construit d’hôtel et les investisseurs ne s’intéressent plus au tourisme. H’mida regrette que « notre ville n’offre aucun service aux estivants ». Cet habitant ajoute cependant que « c’est toujours la beauté sauvage du site, depuis des millénaires qui attire ». Il suggère que pour passer de bonnes vacances, on peut s’installer dans l’une des baies de la région, comme à Traghnia, planter sa tente et profiter des plaisirs de la mer et de la forêt, « comme à la belle époque, du camping sauvage tout près de la mer ». Par ailleurs, à défaut d’infrastructures hôtelières, la ville séduit ses touristes par ses sites sauvages mais aussi et surtout avec sa richesse en matière de poissons. Ainsi, le langage courant des habitants de Ténès est intimement lié au monde de la pêche. Nulle autre région d’Algérie ne peut se vanter de produire le meilleur rouget de roche, la superbe dorade argentée ou encore les dentis, quasiment introuvables ailleurs sur la côte algérienne. Avec ses fonds marins rocheux, le littoral de Ténès offre en effet une flore riche et un habitat idéal pour les grandes espèces de poissons de la région, telles que la saupe (Chelba), le rouget de roche, la dorade et le sar royal. Ces produits de la mer font le bonheur des pêcheurs à la ligne et des amateurs de chasse sous-marine. Toutefois, malgré sa richesse naturelle et ses sites paradisiaques, la ville de Ténès peine à s’imposer comme une destination touristique de premier plan. Cette cité millénaire, lovée dans les monts du Dahra face à la Méditerranée, possède pourtant tous les atouts pour devenir une référence du tourisme algérien. Ses plages de rêve, sa gastronomie réputée et son patrimoine historique exceptionnel devraient en faire une valeur sûre pour les vacanciers. Des efforts d’aménagement et d’investissement ciblés, conjugués à une promotion efficace des atouts de la région, permettraient sans nul doute de hisser Ténès au rang des sites les plus attractifs d’Algérie. Avec le soutien des pouvoirs publics, cette ville millénaire pourrait enfin révéler toute la splendeur de son patrimoine naturel et séduire les visiteurs.

Par Kheireddine Boukhalfa

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