La campagne électorale pour l’élection présidentielle qui a débuté il y a six jours est différente par bien des aspects de toutes les campagnes électorales que nous avions connues dans le passé. Une chose est certaine, c’est le constat que tout un chacun fait, on ne trouve pas ces locaux loués à coup de millions de centimes à des particuliers servant d’intendances de campagne qui ne servent à rien au demeurant.
Au cours des vingt ans de la présidence Bouteflika un gaspillage aux dimensions titanesques de l’argent public avait eu lieu pour un résultat connu d’avance, celui d’une réélection, à quatre reprises du président sortant. Pourtant on n’hésitait pas à puiser dans les caisses de la trésorerie d’Etat pour enrichir tous les opportunistes d’Algérie qui se frottaient les mains à chaque approche d’élections présidentielles mais aussi législatives puisque la majorité dite présidentielle présentait ses candidats. C’est surtout au cours de l’élection présidentielle que les dépenses dépassaient l’entendement car les locaux loués à prix d’or à des commerçants qui prenaient leurs vacances pendant les quinze jours ou trois semaines que durait la campagne électorale ne servaient strictement à rien. A l’intérieur il y avait un portrait géant de l’ex président, une table où se trouvaient des dépliants de campagne en faveur du postulant et deux ou trois agents, la plupart féminins, qui étaient soit détachées d’une administration locales soit des bénévoles payées pour toute la durée de la campagne dont souvent c’était les propres enfants du propriétaire du local loué, transformé en bureau de propagande. Ce temps là c’est fini! Après l’ouragan Hirak qui a balayé tous les profiteurs et opportunistes du paysage politique l’élection qui porta à la tête de l’Etat l’actuel président qui, on le sait, n’avait pas du tout la faveur du système qu’il s’était efforcé de le combattre à sa façon mais dont il paya le prix à coup de sarcasmes adressés à son encontre qui l’avaient marginalisé au cours de la dernière année du quatrième mandat présidentiel de l’ex président. La campagne électorale de 2019 s’était démarquée de celle des vingt dernières années parce que le peuple veillait au grain et ne voulait pas se laisser berner encore une fois. C’est pour cela que la participation à cette élection de 2019 était faible mais on s’y attendait vu l’état de déliquescence qui existait au temps de l’ex président et son cercle élargi de soutiens douteux qui avaient la haute main sur la maison Algérie. La campagne électorale actuelle, dont la transparence ne fait aucun doute sera celle où la participation au scrutin du 7 septembre prochain s’avèrera importante. Beaucoup de gens disent qu’ils iront voter ce jour là car d’abord il y a des candidats crédibles puisqu’il ya cette absence remarquée à tous les niveaux de ces louangeurs invétérés qui ont l’habitude de faire de la brosse pour « trente deniers » et d’autre part il y a ce constat de l’opinion publique , sans détour, que ceux qui s’opposent électoralement au président sortant ne sont pas des opposants de circonstance ou des figurants d’un système politique qui a rendu l’âme avec la démission de l’ex président de la république.
