Skikda- Forêt de « Tizeghben »: Un trésor écologique à la croisée des sentiers touristiques

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Située sur les hauteurs verdoyantes de la wilaya de Skikda, la forêt de «  Tizeghben  » s’est imposée comme l’une des destinations incontournables pour les passionnés de nature et de tourisme écologique.

Surnommée par certains comme l’Amazonie algérienne, cette forêt multicolore attire de plus en plus de visiteurs en quête de paysages naturels époustouflants et d’air pur. Distante d’environ 35 km de la ville de Chouolos, elle fait partie des rares endroits en Algérie, voire dans le monde, à avoir su préserver sa beauté sauvage et son authenticité. Selon les habitants locaux,  » Tizeghben « , qui signifie « le mur » en arabe, est bien plus qu’une simple forêt. C’est un véritable festival de couleurs, où chaque saison apporte son lot de nuances éclatantes, faisant de cet endroit un tableau vivant d’une beauté inégalée. Des spécialistes en environnement et en botanique, ainsi que des chercheurs venus de divers horizons, ont été émerveillés par la richesse de sa flore, composée d’espèces rares qui contribuent à cet éclat de couleurs.

Une Expérience Inoubliable au Cœur de la Nature

Le voyage vers  » Tizeghben « , empruntant la route communale numéro 132 depuis El Kala, Chéraia, Zitoune et Ouled Attia, est déjà en soi une aventure. Les routes sinueuses, ponctuées de montées et descentes, traversent des forêts denses de chênes-lièges, de hêtres, d’ormes et de saules. Plus l’on s’élève en altitude, plus l’air devient pur et revigorant, mêlé aux senteurs enivrantes de la végétation luxuriante du massif de Collo. Après une heure de marche, au détour d’un virage, on accède à la route menant à Ouled Attia, où commence la piste vers  » Tizeghben « . Le paysage se transforme alors en une mosaïque de couleurs et de sons. Le murmure de l’eau cristalline de l’oued  » Tizeghben « , les papillons virevoltant autour des figuiers de Barbarie et des lauriers-roses, le chant des oiseaux et le craquement des feuilles sèches sous les pas, tout contribue à créer une atmosphère magique, où la nature semble jouer sa propre symphonie. Cette forêt, véritable havre de paix et de sérénité, attire de nombreuses familles en quête de calme et de détente, ainsi que des amateurs de randonnée, de course à pied et de tourisme montagnard, venant de toutes les régions, y compris des wilayas voisines de Constantine, Annaba et Sétif. Les visiteurs expriment souvent leur admiration pour cette région qui, selon eux, mérite d’être développée en tant que destination touristique écologique, à l’instar de ce qui se fait dans d’autres pays. Les jeunes de la région partagent cet avis et soulignent le potentiel immense de leur terre natale, non seulement pour sa beauté naturelle, mais aussi pour son patrimoine culturel et historique, riche de traditions et d’artisanat. Ils appellent à une volonté politique forte et à l’engagement d’investisseurs pour transformer ce trésor caché en une destination touristique prisée tout au long de l’année.

L’Avenir du Tourisme Montagnard à Skikda

À l’échelle de la wilaya de Skikda, quatre forêts ont déjà été proposées pour devenir des sites de loisirs, conformément au décret exécutif n°06/368 du 19 octobre 2006, qui régit l’exploitation des forêts à des fins de loisirs. Parmi elles, les forêts de « Oued Saboun » à Filfila, « Laksar » à Aïn Kechra, « Jebel El Oust » à Azzaba et « Fadj Edhbayia » à Aïn Charchar.  Cependant, la question reste de savoir quand ces forêts seront effectivement transformées en stations de loisirs touristiques, avec toutes les infrastructures nécessaires pour assurer le confort et la sécurité des visiteurs. L’ambition est d’en faire des sites de tourisme montagnard fonctionnels toute l’année, notamment en hiver, où les forêts se couvrent d’un manteau blanc propice à la pratique de sports comme le ski, la randonnée ou l’escalade. En conclusion, la forêt de  » Tizeghben  » et les autres joyaux naturels de Skikda représentent un potentiel énorme pour le développement du tourisme écologique en Algérie. Mais pour cela, il faudra un engagement fort des autorités et des investisseurs pour valoriser et protéger ce patrimoine naturel unique.

Par Mohamed Tahar Aissani

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