L’ancien hôpital d’El Tarf abandonné : Il peut être transformé en un centre de référence régional pour la prise ne charge des drépanocytaires. Ce qui est en train de se passer, présentement, dans la wilaya d’El Tarf est, à la fois, d’une très grande gravité et ubuesque. Et pour cause, un hôpital de 120 lits, situé au centre-ville d’El Tarf, est, totalement, abandonné et ce, depuis le début de l’année 2011, date de l’entrée en fonctionnement du nouvel hôpital d’EL Tarf, de 140 lits.
Le désormais ancien hôpital d’El Tarf est une structure imposante, composée de plusieurs bâtiments dont certains sont de construction plus ou moins récente. Il est en très bon état et doit être exploité au bénéfice de la population locale et des wilayas limitrophes dés lors que la wilaya accuse un nombre, sans cesse, croissant et exponentiel de malades atteints de la drépanocytose. Un nombre qui avoisine, actuellement, les 5 000 personnes, ce qui est colossal pour une population totale de 460 mille habitants. Selon le président de l’association de wilaya des malades atteint de drépanocytose «cette structure peut être transformée en un centre de référence régional pour la prise en charge des drépanocytaires et peut bénéficier, également, à l’ensemble de l’Est Algérien pour ce qui de la greffe de la moelle épinière. Actuellement les opérations de la grèffe de la moelle au profit des drépanocytaires ne sont effectuées qu’au niveau du CHU de la wilaya de Batna. Il faut savoir que cet hôpital dispose de deux blocs opératoires pour les opérations chirurgicales qui sont en bonne état et qui ne méritent qu’un simple lifting. Ce sont les malades des wilayas d’Annaba, El Tarf, Skikda, Guelma et Souk-Ahras qui peuvent bénéficier des prestations de cet hôpital dans le cas où le ministère de la santé opte pour sa transformation en centre régional pour la prise en charge des drépanocytaires ». Il faut savoir, cependant, qu’actuellement les malades drépanocytaires sont ballotés entre plusieurs polycliniques et EPH pour leur prise en charge et pour effectuer différentes analyses et autres soins périodiques.
M Khemissi Abdi, le président de l’association en question a révélé, avec désarroi, que « la wilaya d’El Tarf est une zone à haut risque de drépanocytose. Une enquête réalisée en 2011, en milieu scolaire, a mis en lumière, une prévalence des syndromes drépanocytaires majeurs de 4,8 pour 1000 élèves. Ce qui est très grave. Nous enregistrons, actuellement, plus de 5 000 personnes entre drépanocytaires et thalassémiques. Peu d’enfants thalassémiques atteignent la puberté et beaucoup de drépanocytaires arrivent à l’âge adulte au stade de complications multi viscérales graves et invalidantes. Les communes les plus touchées sont celles qui sont situées sur la partie nord de la wilaya à savoir El Kala, Bouteldja, Berrihane, Lac des oiseaux, Echatt et Ben Hidi». La transformation de cet hôpital, livré aux quatre vents, en un centre régional permettra, entre autres, une prise en charge des drépanocytaires, l’informatisation et le suivi rigoureux des malades, le développement des examens biologiques, de procéder à des enquêtes de prévalence de fratrie familiales (dépistage des hétérozygotes), de renforcer cette structure une fois mise en fonctionnement de personnel par l’affectation de médecins spécialistes, de renforcer la sensibilisation du public par des conseils génétiques et enfin d’assurer une meilleure insertion socioprofessionnelle des malades. Interrogé le directeur de wilaya de la santé a indiqué, sans ambages, que « nous avons, auparavant, pensé à transformer cette structure en un hôpital pour mères et enfants. Cette option a été abandonnée pour plusieurs griefs objectifs et la wilaya a bénéficié d’un hôpital dans ce sens, dont les travaux seront lancés, incessamment. Actuellement, des études ont été ficelées pour le transformer en un service d’oncologie à savoir la prise en Charge des malades atteints de cancer et ce, en concertation et sous la houlette du wali ». Reste que la transformation de cette structure en un centre régional de référence pour la prise en charge des drépanocytaires est une urgence sanitaire et doit être étudiée avec minutie, sérieusement et en prenant en compte plusieurs paramètres et ce, naturellement et inéluctablement, en totale synergie avec les services du ministère de la santé. Il y va de l’avenir de plusieurs milliers de personnes quant à des prestations sanitaires acceptables et aux normes requises. La vie humaine n’a pas de prix et El Tarf est le premier foyer national et du pourtour méditerranéen de la drépanocytose.
