Aziz Derouaz « Le sport, moteur du développement et de la cohésion sociale »

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Le jour du scrutin, les ondes de la chaîne Trois ont vibré au rythme de l’analyse passionnée et éclairée d’Aziz Derouaz, expert sportif, qui a profité de l’occasion pour revenir sur les enjeux majeurs de la Loi 13-05 de 2013 relative aux Activités Physiques et Sportives. Son intervention a mis en lumière les avancées mais aussi les lacunes de cette législation, tout en appelant à des réformes concrètes pour hisser le sport algérien à la hauteur de son potentiel.
La Loi 13-05 pose des bases solides, reconnaissant le droit de chaque Algérien à pratiquer une activité sportive, sans discrimination, tout en soulignant le rôle crucial de l’État dans la promotion et la régulation de ce secteur. Aziz Derouez n’a pas manqué de saluer ces principes fondamentaux, rappelant que le sport n’est pas seulement un moyen de maintenir une bonne santé physique et mentale, mais aussi un puissant outil de cohésion sociale et d’intégration.
Cependant, l’expert a souligné les limites structurelles qui entravent encore le développement d’un véritable écosystème sportif inclusif. Si la loi ambitionne de faire du sport un droit pour tous, Aziz Derouez a relevé le manque criant d’infrastructures modernes, particulièrement dans les zones rurales et défavorisées. « La réalité sur le terrain montre un fossé entre les ambitions de la loi et les moyens alloués à sa mise en œuvre », a-t-il regretté.
La formation : un levier sous-exploité
Aziz Derouez a également pointé du doigt la nécessité de repenser la formation des jeunes talents et des cadres sportifs. La loi met un accent louable sur la formation, mais reste floue quant aux critères de qualité et aux mécanismes de contrôle. « La création d’un organisme national de certification pourrait garantir un encadrement de haut niveau, conforme aux standards internationaux », a-t-il suggéré, plaidant pour une révision en profondeur des processus de formation.
L’urgence d’une modernisation des infrastructures
L’intervention de l’expert a également mis en lumière la question de l’infrastructure. Bien que la loi encourage la construction et l’entretien d’installations sportives, le manque d’infrastructures modernes demeure une barrière importante pour la pratique du sport à grande échelle. Aziz Derouez a proposé des partenariats public-privé pour remédier à ce déficit, appelant à un effort concerté pour moderniser les équipements à travers tout le pays.
L’éthique et la lutte contre les fléaux sportifs : un combat permanent
Aziz Derouez n’a pas éludé les défis que posent la violence, le dopage et la corruption dans le sport algérien. Si la loi aborde ces fléaux, l’expert a insisté sur la nécessité de renforcer les sanctions et d’adopter une approche plus rigoureuse. « Des mesures plus sévères et une coopération avec les organismes internationaux pourraient considérablement améliorer l’efficacité des programmes antidopage », a-t-il avancé. Sur la question de l’inclusion, Aziz Derouez a rappelé que la Loi 13-05 prévoit des dispositions pour le sport adapté aux personnes handicapées. Toutefois, il a souligné l’absence de réels efforts pour favoriser la participation de cette catégorie de citoyens aux compétitions nationales et internationales. « Il est impératif de développer des programmes spécifiques pour encourager ces athlètes et leur offrir des opportunités égales », a-t-il martelé.
Des pistes de réformes pour une gouvernance transparente
Enfin, l’expert a plaidé pour une réforme en profondeur de la gouvernance sportive. La transparence des finances et des activités des fédérations sportives, ainsi que la création d’un comité indépendant de surveillance, figurent parmi les suggestions d’Aziz Derouez pour assainir la gestion du sport en Algérie. « Sans transparence ni éthique, il sera difficile de réaliser les ambitions portées par cette loi », a-t-il conclu.Aziz Derouez a lancé un vibrant appel à la modernisation et à la réforme du secteur sportif, non seulement pour répondre aux aspirations de la jeunesse algérienne, mais aussi pour faire du sport un véritable levier de développement social et économique. La Loi 13-05, bien que fondatrice, nécessite des ajustements majeurs pour accompagner l’évolution du paysage sportif mondial. Une évolution que Derouez appelle de ses vœux, convaincu que l’avenir du sport algérien réside dans une gestion plus équitable, inclusive et moderne.
Par Mohamed Tahar Aissani

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