Le projet de station d’épuration des eaux usées (STEP) de Barika, en souffrance depuis plus de dix ans, soulève des questions cruciales quant à l’efficacité des infrastructures et des projets locaux dans cette région.
La lenteur des travaux et l’incapacité à livrer la station, initialement prévue pour irriguer 500 hectares de terres agricoles, illustrent des dysfonctionnements majeurs. Toutefois, l’installation récente de Barika en tant que wilaya déléguée marque un tournant important qui pourrait permettre de surmonter ces blocages structurels. Le 21 janvier 2024, le ministre de l’Intérieur, Brahim Merad, a présidé la cérémonie officielle d’installation du wali délégué de Barika, Saïd Boudhab, conformément au décret présidentiel promouvant cette daïra au rang de wilaya déléguée. Cette décision, saluée par les autorités locales et les habitants, s’inscrit dans une dynamique de renforcement de la gestion locale et de l’équilibre territorial, tel que voulu par le président Abdelmadjid Tebboune. La promotion de Barika au statut de wilaya déléguée est une reconnaissance de l’importance stratégique de cette ville dans la wilaya de Batna. Barika, située dans la région des Hodna, à 85 km de Batna-ville, a longtemps souffert d’un manque d’investissement et de lenteurs administratives qui ont freiné son développement. L’installation d’un wali délégué marque une volonté de l’État d’accélérer les projets en cours et de donner à cette ville les moyens de répondre aux besoins croissants de sa population, qui s’élève à plus de 162 000 habitants. Le ministre Merad a souligné que cette initiative s’inscrit dans un cadre plus large de développement des wilayas déléguées, un processus entamé avec la création de dix wilayas déléguées dans le sud, promues au statut de wilayas de plein exercice en 2023. Cette promotion de Barika est donc perçue comme une opportunité d’accélérer des projets cruciaux, tels que la STEP, dont la finalisation est devenue urgente pour permettre la gestion des eaux usées et l’irrigation des terres agricoles de la région. Cependant, malgré ce nouveau statut, les défis demeurent nombreux. Le projet de la station d’épuration, en souffrance depuis 2013, illustre les lenteurs administratives et les défaillances de gestion qui ont plombé les espoirs de nombreux habitants. Avec 75 % des travaux réalisés, la station est toujours inachevée, alors même que d’autres projets similaires, comme celui d’Arris, ont déjà été finalisés. Ce retard a des répercussions directes sur l’agriculture locale, empêchant l’irrigation des 500 hectares programmés et limitant ainsi le développement économique de la région. Le wali délégué de Barika, Saïd Bou Eddehab, aura donc pour mission de revitaliser ce projet et d’assurer sa finalisation rapide. Il est attendu que ce nouveau statut confère à Barika une autonomie accrue en matière de prise de décision et de gestion des budgets, permettant ainsi d’accélérer les travaux et de répondre plus efficacement aux besoins locaux.
Un rôle central dans le développement régional
En plus de la station d’épuration, le statut de wilaya déléguée pourrait également permettre à Barika de bénéficier de nouveaux financements et d’une plus grande attention de la part des autorités centrales. Cela pourrait se traduire par des investissements dans les infrastructures publiques, comme les routes, les réseaux de distribution d’eau potable, et les équipements éducatifs. Le ministre Merad a d’ailleurs inauguré, lors de sa visite, un réservoir d’eau d’une capacité de 5 000 mètres cubes, et a annoncé des projets complémentaires pour renforcer les capacités d’accueil pédagogique de la ville. L’installation du wali délégué s’accompagne aussi d’une série d’inspections et d’inaugurations, témoignant de la volonté de l’État d’agir rapidement pour répondre aux besoins de la population. Le projet de renforcement des lignes ferroviaires, évoqué par le ministre, pourrait avoir un impact majeur sur l’économie locale, facilitant les échanges commerciaux et l’accès aux marchés régionaux. Une transition vers l’avenir : promesses et attentes. Si le statut de wilaya déléguée donne à Barika un nouveau cadre institutionnel pour surmonter ses difficultés, notamment avec des moyens supplémentaires et une autonomie administrative accrue, la population reste vigilante. Les habitants espèrent que cette nouvelle organisation permettra de débloquer les projets en attente et de donner un nouveau souffle au développement local. Le cas de la station d’épuration est un symbole fort de ce que la ville pourrait accomplir si les projets sont menés à terme. Ainsi, Barika se retrouve à un carrefour de son histoire. Cette transition vers le statut de wilaya déléguée peut-elle permettre de surmonter les obstacles persistants et d’ouvrir une nouvelle ère de prospérité pour ses habitants ? Seul le temps nous le dira, mais la volonté politique semble enfin converger vers un développement harmonieux et équitable pour cette ville au potentiel négligé pendant trop longtemps.
Par Mohamed Tahar Aissani
