Hier au palais des nations et en présence de toutes les autorités nationales mais également de personnalités invitées à cette occasion, le président sortant, Abdelmadjid Tebboune, a prêté le serment d’investiture, conformément à l’article 85 de la constitution. Ainsi à partir du moment où il est investi, le nouveau président qui se succède à lui-même dirigera le pays au cours des cinq années à venir.
Conscient de l’immense tache qui l’attend le chef de l’Etat plus solennel que jamais va se mettre sans trop tarder à mettre en place un exécutif qui remplacera l’actuel. Le premier ministre encore en poste a déposé sa démission au président de la république comme le veut l’usage. Celle –ci sera acceptée mais le chef de l’Etat qui se réserve le droit de reconduire à son poste l’actuel premier ministre. C’est ainsi que « Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a reçu le Premier ministre, M. Nadir Larbaoui, qui lui a remis la démission du Gouvernement », Après quoi, le président de la République a « enjoint au Premier ministre de surseoir la décision et de continuer le travail pour assurer la rentrée scolaire, universitaire et professionnelle, ainsi que la rentrée sociale, et pour élaborer le projet de loi de finances pour l’exercice 2025 avant sa présentation au Parlement, le président de la République ayant affirmé que ces dossiers urgents nécessitent la connaissance de la situation par les ministres actuels ».
Le président sait que le temps est précieux et qu’en perdre même un minima ne correspond pas à son tempérament dont on sait qu’il ne fait pas dans l’attentisme. Malgré son âge le président Tebboune ne ménage aucunement ses efforts pour diriger le pays. Il n’a jamais raté un conseil des ministres depuis 2022. On lui doit des remaniements salutaires au sein des gouvernements sous son autorité. Le choix des hommes qu’il a nommé à la tête des gouvernements a toujours répondu à l’urgence de la situation. Le chef de l’Etat qui connait très bien les rouages de fonctionnement de l’Etat pour les avoir lui-même expérimentés durant des années en tant que haut fonctionnaire puis ministre mais aussi premier ministre sait que l’ennemi de la réussite d’une tache est l’usure dans la fonction. Pour avancer il ne faut surtout pas regarder en arrière car si on le fait le doute peut s’immiscer et compliquer la prise de décision. C’est justement la manière de procéder du président de la république qui nous a habitués à ce genre d’exercice. Rappelons –nous le choix fait par le chef de l’Etat au cours de son premier mandat quand il nomma Aymene Benabderrahmane, alors ministre des finances au poste de premier ministre, tout en gardant le portefeuille des finances, jusqu’à ce qu’il lui trouve un remplaçant qui en était capable. Cette méthode de travail s’applique aussi à ses conseillers à la présidence. Il en a changé plusieurs. Grand évaluateur des hommes qu’il nomme, le président de la république a élargi cette façon d’observer aux ministres du gouvernement qui dépendent certes de l’autorité du premier ministre mais cela n’embarrasse aucunement le président de la république de limoger l’un d’eux quand il prend acte de la lenteur des décisions prises par un ministre qui, n’arrive pas à s’imposer. Cela concerne aussi les walis et les chefs de daïras. Qui sera le nouveau premier ministre du premier gouvernement du second mandat de M.Tebboune ? On le saura après la mission confiée à l’actuel.
