12 millions d’élèves des trois cycles ont rejoint leurs classes respectives ce dimanche 22 septembre. Une année nouvelle pleine de promesses s’offre à cette nouvelle cuvée d’élèves à condition toutefois que le niveau d’études s’améliore et épouse les contours d’un monde où les plus faibles n’ont aucun avenir.
Les résultats des deux examens fondamentaux à savoir le cycle moyen et celui du secondaire que sont le BEM et le BAC pour 2024 n’ont pas été à la mesure des espoirs fondés par le ministère e l’éducation nationale qui espérait un taux de réussite proche des 70%. Cela n’a pas été le cas .N’est –il pas temps de revoir de fond en comble le système éducationnel pourtant réformé à maintes reprises au cours de ces trente dernières années. Qu’est –ce qui coince et empêche ces millions d’élèves qui fréquentent nos écoles primaires, nos collèges et nos lycées d’obtenir des taux de réussite qui avoisineraient les 80% et même davantage comme cela existe en Europe, en Chine et dans la plupart des pays du sud –est asiatique ? Dans ces pays le culte de la performance s’est enraciné dans les sociétés de ces pays. C’est à qui obtiendrait les meilleurs résultats inscrits dans son bulletin d’évaluation périodique que les récompenses et encouragements souvent payants comme la promesse d‘une bourse dans la meilleure université ou celle d’un emploi au sein d’une entreprise prestigieuse parviennent à leurs destinataires. Chez nous cela n’existe pas et c’est dommage. En fait les réformes entreprises dans le système d’éducation algérien n’ont touché que la surface. En profondeur ,tout est resté dans l’état autrement dit dans ce qui existait au temps de l’école fondamentale qui est considérée par les grands experts de l’éducation comme la plus grande catastrophe structurelle en matière d’enseignement qu’ait connu le pays depuis l’indépendance . Tout allait en contre sens de l‘obtention de résultats performants. La médiocrité triomphait avec éclat. Lorsqu’on s’est rendu compte de la gigantesque erreur d’avoir introduit cette école fondamentale c’était trop tard car le mal était fait. En fait toute une génération d’élèves en fit les frais et pas seulement les élèves mais aussi les enseignants tous formés dans le moule de cette école fondamentale et qui continuent d’enseigner comme si cette école existait toujours. Alors comment s’étonner que les élèves fréquentant les trois cycles de l’enseignement n’élèvent pas leur niveau de pensée et de réflexion comme le font les autres élèves d’autres pays, c’est-à-dire réfléchir librement et avec une certaine audace dans leurs devoirs écrits, compositions ou examens trimestriels. En fait nos élèves ne réfléchissent pas comme ils en ont envie en poussant souvent leur réflexion à des niveaux considérés comme gênants voire hérétiques si on a affaire à un enseignant fanatique. S’ils font cela ils sont réprimandés par leurs professeurs qui leur reprochent d’être sorti des sentiers battus, c’est-à-dire des leçons apprises en cours et par cœur. Cette méthode d’enseigner très 19 ème siècle et souvent moralisatrice car elle emprunte toujours des codes moraux datant d’un autre âge. Ces codes sont malheureusement encore sublimés dans une matière dont l’existence selon les observateurs les plus avisés de l’enseignement de ce troisième millénaire n’est plus du tout utile. Elle constituerait, selon eux, un frein puissant au développement de l’esprit. Il faut aller plus loin encore dans une révision en profondeur du système d’enseignement tel qu’il existe aujourd’hui si on veut atteindre le niveau si lointain des pays qui visent l’émergence.
