Alors que plusieurs régions du pays ont récemment été touchées par de graves inondations, l’Algérie fait face à une augmentation significative des zones à risque sur son territoire.
Selon Abdelhamid Afra, délégué national aux risques majeurs au ministère de l’Intérieur, le nombre de communes exposées aux risques d’inondation a plus que doublé en vingt ans, passant de 450 en 2004 à 950 en 2024. En effet, dans une déclaration à la télévision nationale, M. Afra a souligné l’ampleur du défi : « Plus de 865 sites inondables sont identifiés en Algérie » tout en soulignant que « le nombre de communes exposées aux risques d’inondation est passé de 450 en 2004 à 950 en 2024 ». Face à cette situation préoccupante, le gouvernement algérien n’est pas resté les bras croisés. M. Afra a détaillé plusieurs initiatives mises en œuvre ces cinq dernières années pour faire face aux catastrophes majeures. Il s’agit notamment de la révision périodique des lois et règlements, visant à adapter le cadre juridique aux nouvelles réalités du terrain, la mise en place d’un réseau national de laboratoires de recherche sur les risques de catastrophes majeures, permettant une meilleure compréhension et anticipation des phénomènes, ainsi que la création d’organismes spécialisés, dont les missions spécifiques n’ont pas été détaillées dans la déclaration, mais qui devraient renforcer la capacité du pays à gérer ces risques. Ces mesures témoignent d’une prise de conscience des autorités face à l’augmentation des risques d’inondation. Pour rappel, plusieurs wilayas du pays ont été touchées par de graves inondations ce mois de septembre, notamment la wilaya de Béchar et Naama. En outre, les fortes pluies qui se sont abattues, depuis jeudi dernier, n’ont pas été sans faire des dégâts. Le constat est lourd, puisque selon un bilan de la protetction civile, pas moins de trois personnes ont trouvé la mort, alors que plusieurs autres ont été sauvées, et ce dans les wilayas de Djelfa, Tiaret, Ouled Djellal, El Bayadh et Béni Abbès. Cette situation inédite, est due selon Rafik Hamadache, responsable à l’Office national de Météorologie (ONM), «au positionnement du front intertropical qui, habituellement en fin de saison estivale, opère une remontée vers le sud du Sahara central, mais persiste encore exceptionnellement». Ceci a amené les services de Météo Algérie à émettre pas moins de 13 BMS depuis le début du mois en cours.
Par Kheireddine Boukhalfa
