Alors que l’Union Européenne (UE) s’engage fermement dans la transition énergétique pour réduire sa dépendance aux importations de gaz et de pétrole, l’Algérie s’affirme comme un partenaire clé dans cette entreprise.
Selon le dernier rapport du think tank E3G, publié ce mois-ci, l’Algérie joue un rôle stratégique dans l’approvisionnement en énergies renouvelables pour le Vieux Continent, grâce à son ambitieux programme de production d’énergie verte. En effet, l’UE a pris des engagements clairs pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre dans le cadre de son programme pour le climat. Cependant, les capacités de production d’énergies renouvelables des pays membres restent limitées. Face à cette contrainte, les regards européens se tournent vers l’Algérie, un pays du sud de la Méditerranée doté d’un potentiel énergétique immense. Dans ce sens, le rapport de E3G souligne que plusieurs pays européens, notamment ceux de la rive sud tels que l’Espagne, l’Italie et la Grèce, cherchent à devenir des plaques tournantes de l’approvisionnement énergétique. Ils misent sur des partenariats avec des pays comme l’Algérie et l’Égypte, où les opportunités dans les énergies renouvelables sont vastes. Ces collaborations visent à garantir une sécurisation durable des approvisionnements en énergie propre pour le continent. Parmi les projets stratégiques entre l’Algérie et l’Europe figure le corridor South2, qui prévoit le transport d’hydrogène vert depuis l’Algérie vers l’Allemagne en passant par l’Italie et l’Autriche. En parallèle, des discussions sont en cours pour établir une interconnexion électrique avec l’Italie et une ligne similaire avec l’Espagne, en partenariat avec Sonatrach, la société nationale algérienne des hydrocarbures. L’Allemagne, par exemple, devrait non seulement renforcer son partenariat avec l’Algérie dans le domaine du gaz naturel liquéfié (GNL), mais aussi accorder une priorité à l’électricité renouvelable et à l’efficacité énergétique. Ces projets d’interconnexions sont perçus comme essentiels pour consolider les relations énergétiques entre l’Europe et l’Algérie. Par ailleurs, et pour garantir le succès de cette coopération énergétique, les experts de E3G recommandent que l’UE accompagne l’Algérie dans la mise en œuvre de son programme ambitieux de production d’énergies nouvelles et renouvelables. Ce soutien permettrait d’accélérer la décarbonation du secteur énergétique en Algérie, ce qui est crucial non seulement pour la production de GNL, mais aussi pour les énergies solaires et l’hydrogène vert. Pour rappel, l’Algérie s’est engagée à réaliser des objectifs très ambitieux dans le cadre de son programme de transition énergétique. Le pays vise la production de 15 gigawatts d’énergie solaire et 40 térawatt heures (TWh) d’hydrogène vert d’ici à 2040. Ces chiffres témoignent du rôle central que l’Algérie pourrait jouer non seulement pour répondre à ses besoins domestiques, mais aussi pour contribuer à la sécurisation des approvisionnements en énergie propre en Europe.
Par Kheireddine Boukhalfa
