Prochain sommet de la francophonie de Paris: L’Algérie non concernée

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Dans une semaine s’ouvre à Paris le  traditionnel sommet de la francophonie. Les chefs d’Etats africains de l’Afrique de l’ouest et certains du Sahel (pas tous) y assisteront. Il y aura également la présence du roi du Maroc qui se trouve déjà dans la capitale française pour faire du lobbying pour la pseudo marocanité du Sahara occidental. En ce qui concerne l’Algérie le choix a toujours été de ne pas se considérer come un pays francophone.

Certes la langue française est largement utilisée dans notre pays dans le parler des gens. C’est plutôt du genre « C’est bon ! Ça va ! Normal ! et bien d’autres mots du vocabulaire français qui font partie de la langue parlée en Algérie , à telle enseigne que tout observateur étranger qui entend parler les gens dans la rue ou dans  n’importe quel lieu est carrément saisi par l’usage fréquent du français dans cet arabe châtié parlé par monsieur ou madame tout le monde mélangé aussi à des mots berbères. L’amazigh étant officiellement une langue nationale et officielle. La langue française est considérée quant à elle comme un butin de la guerre d’indépendance et c’est à ce titre et seulement celui-ci qu’elle a droit de cité dans nos villes et villages où on constate dans les plaques de rues, boulevards et avenues les inscriptions doubles, l’une en haut en arabe et l’autre en bas en français et cela n’étonne personne car les Algériens estiment que c’est un trésor de guerre  largement payé dans le sang des martyrs et des larmes d’un peuple meurtri. C’est pour cela que dans les enseignes des locaux commerciaux des villes algériennes, surtout les plus grandes d’entre elles, les enseignes lumineuses ou pas des magasins sont plus nombreuses écrites en français coexistant harmonieusement avec celles libellées en arabe. Faut –il également ajouter que dans les chansons rai il ya ce mélange arabo-francaoui qui donne du sel à son expression artistique. Donc oui ! Les Algériens dont cinq millions d’entre eux ont acquis la double nationalité et qui vivent en France ne sont pas du tout contre l’usage de la langue de Molière même si depuis peu celle de Shakespeare a fait son entrée dans les écoles primaires , ce qui n’était pas le cas il y a quelques années mais il faut le reconnaitre que  la langue française même cassée dans le parler du quotidien ou pleine de fautes de syntaxes et de grammaire dans les écrits de nos étudiants sortis des universités reste présente dans le pays. Un pays qui s’est déclaré arabe dès son accession à l’indépendance et qui considère qu’il fait partie du monde arabe. En tant que tel il ne peut pas être en même temps arabe et francophone. S’il l’avait fait il serait entré en contradiction avec son identité amazigho-arabe et cela est inadmissible du point de vue de l’honneur mais également avec la déclaration du 1er novembre 1954  dont se sont inspirées toutes les constitutions écrites du pays. Que des pays africains fassent partie de l’espace francophone cela se comprend aisément vu que dans ces pays il n’y a jamais eu une langue commune orale et même si c’était le cas pour le wolof cette langue n’est pas écrite. Dans la majorité des pays du Sahel ou de l’Afrique occidentale, anciennement AOF (Afrique occidentale française) la colonisation a arbitrairement introduit le français comme langue de communication officielle. Lorsque au cours des années soixante ces pays accédèrent à l’indépendance c’est le français qui a été choisi comme langue nationale et officielle dans ces pays anciennement colonisés et cela est resté ainsi depuis plus de 60 ans. Est–ce pour autant que ces pays sont francophones ? Sur le papier certainement, dans la réalité les populations autochtones parlent peu français et utilisent abondamment les dialectes. En ce qui concerne les deux Etats du Maghreb, voisins de l’Algérie, ces anciens protectorats français qui , contrairement à l’Algérie considérée comme terre française, avaient la possibilité de fréquenter les écoles et lycées enseignant exclusivement la langue arabe et  même l’université , à l’exemple de la Zitouna de Tunis qui n’a jamais connu de problème avec l’occupant français. Sous Bourguiba et plus tard sous Ben Ali la Tunisie se considérait come un pays francophone de circonstance, tout comme le Maroc. Depuis que Kais Es Saied est au pouvoir la Tunisie s’est appropriée le nationalisme arabe qui lui a longtemps fait défaut et prend de plus en plus ses distances avec la France. Le  Maroc, en ce qui concerne ce pays, a fait le choix de se livrer, poings et pieds liés à son ancien protecteur et cela  depuis l’intronisation de Hassan II, père de Mohamed VI. Un exemple illustre cette vassalité à la francophonie, le maintien de la statue du  maréchal Lyautey en est la représentation la plus éclatante. L’effigie  de ce bourreau qui avait massacré toutes les tribus marocaines opposées à la présence française n’a jamais été déboulonnée. Plus francophone que ça, tu meurs !

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