Attaf à propos du Sahara occidental : « Il faut mettre un terme à toute forme de colonisation en Afrique »

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Devant la tribune qu’offre l’assemblée générale des nations unies, M. Attaf, ministre algérien des AE, prenant la parole après avoir entendu son homologue marocain donner le point de vue de son pays sur le Sahara occidental a répondu à son tour déclarant que le problème du Sahara occidental est celui d’une décolonisation et qu’à ce titre il doit être traité comme tel.

 Le ministre marocain des affaires étrangères dans son allocution devant les membres de l’AG  qui tient sa session annuelle a proposé la solution de son pays à savoir la tenue de ce qu’il appelle «tables rondes» où l’Algérie participerait pour arriver à un accord définitif du problème de ce territoire qui, selon lui, bénéficierait d’une large autonomie mais, précise t-il, celle–ci serait sous la souveraineté du Maroc. Notre ministre  lui répondant « Vous voulez gagner du temps  et remettre  à plus tard l’inéluctable problème, celui de la décolonisation du dernier territoire du continent africain» M. Attaf souligne que l’Algérie n’est, ni de près ou de loin, intéressée à toute discussion sur le sujet. Ajoutant toute discussion sur le Sahara occidental doit se faire entre les deux parties intéressées par le problème, à savoir le Maroc et le Front Polisario, le tout sous l’égide de l’ONU. Le diplomate algérien, prenant à témoin les membres présents qui assistaient à l’ordre du jour consacré spécialement à la question sahraouie enfonçant le clou a alors déclaré «Pourquoi le Maroc craint –il la tenue d’un référendum d’autodétermination qui laisse le choix souverain au peuple sahraoui de dire oui à l’indépendance et non à l’autonomie sous souveraineté marocaine  ou de dire éventuellement le contraire en acceptant un autre choix?  Le référendum  sur l’autodétermination est la meilleure proposition qui soit car elle est juste. Son résultat  sera déterminant et conforme au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes comme cela a été le cas de l’Algérie après sept années d’une guerre qui avait couté la mort à de centaines de milliers d’Algériens. En  acceptant , à l’issue de longues négociations qui durèrent plus d’une année  entre la France et les représentants  des indépendantistes algériens  et dont l’issue eut lieu dans la ville suisse d’Evian en mars 1962  qui avalisa le principe d’un référendum d’autodétermination dans les trois mois qui suivraient l’accord signé le 18 mars de cette année entre la France et le GPRA; Le vote ayant eu lieu dans les délais prescrits, le peuple algérien  vota massivement pour l’indépendance. L’ex puissance coloniale en tint compte et accorda l’indépendance aux habitants de ce pays après cent trente deux années d’occupation par la force d’une terre qui ne lui a jamais appartenu. Ce choix  responsable et totalement assumé permis par cette France anciennement colonisatrice était la décision la plus juste et la plus pertinente qui soit. Elle mit fin à cette présence coloniale sur le continent africain et voilà que 13 ans après  l’indépendance de l’Algérie , précisément en 1975, un ancien pays partiellement colonisé (s’agissant d’un protectorat) avait arbitrairement annexé un territoire attenant à sa frontière sud et qui ne lui a jamais appartenu car ayant été colonisé par l’Espagne qui avait pris la décision unilatérale mais néanmoins juste de mettre fin à sa présence sur cette partie désertique ayant une façade atlantique appelée Sahara occidental. 49 ans d’une occupation totalement injustifiée par le droit international qui ressemble étrangement à celle de la Cisjordanie par Israël  depuis juin 1967. Quoi d’étonnant dès lors que le régime sioniste implanté par la force et par déni du droit international sur ce territoire vient à son tour reconnaitre cette supercherie de souveraineté marocaine sur une terre qui ne lui a jamais été sienne historiquement. Il y a là une complicité de points de vue qu’on ne peut que comprendre de la part d’un royaume en quête de reconnaissance de son fait accompli. Par contre et c’est ce qui est le plus révoltant dans la conscience universelle c’est ce revirement de l’ancienne puissance occupante qu’est l’Espagne, laquelle avait tout le temps soutenu que cette terre n’appartenait qu’à ses seuls habitants, autrement dit le peuple sahraoui. Cependant le summum de la révulsion qui donne envie de vomir est ce volte face de la France exprimé par Emmanuel Macron qui a trahi ce qu’avait entrepris le plus illustre des présidents français, le général de Gaulle qui avait compris et admis que la seule solution mettant fin à la guerre d’Algérie ne pouvait être que l’application du principe d’autodétermination. 62 ans après cette décision historique qui avait fait honneur à celui qui l’avait prise voila qu’elle est aujourd’hui remise en cause et de manière honteuse  par ce président caméléon.

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Totale solidarité de l’Algérie avec l’ensemble des Etats et peuples de la région sahélo-saharienne

 

S’agissant des développements de la situation dans son voisinage régional, le ministre a affirmé que « l’Algérie demeure fermement convaincue de la nécessité d’un soutien international et d’une mobilisation mondiale face aux défis complexes auxquels sont confrontés les pays et les peuples de la région et aux enjeux qui pèsent sur l’ensemble de notre espace d’appartenance africaine ». « Cela vaut pour la région sahélo-saharienne, où la situation est fragile du fait de l’exacerbation des troubles politiques, de la montée des risques terroristes, de l’explosion de la pauvreté et de l’absence de perspectives de développement durable, sans parler de l’aggravation du phénomène du changement climatique ».

A ce propos, M. Attaf a réaffirmé la totale solidarité de l’Algérie avec l’ensemble des Etats et peuples de la région sahélo-saharienne, ainsi que sa ferme conviction que sa sécurité, sa stabilité et sa prospérité font partie intégrante de la sécurité, de la stabilité et de la prospérité de son voisinage et de son espace d’appartenance africaine.

Dans ce contexte, le ministre est revenu sur les propos proférés par le représentant d’un Etat de cet espace, qui s’en est pris à l’Algérie « dans des termes infâmes qui ne siéent nullement à cette auguste assemblée et auxquels il ne convient pas de rétorquer par l’impulsivité langagière futile et de bas étage ». « Mon pays ne répliquera qu’avec un langage courtois qui reflète sa loyauté fidèle et sincère à ses liens ancrées avec les pays et les peuples de la région, des liens qu’aucun facteur conjoncturel passager ni ceux qui l’attisent ne sauraient impacter ni ébranler », a assuré M. Attaf. « Animée d’une volonté forte, l’Algérie a toujours eu la main tendue lorsque la conjoncture a exigé de traiter avec tous nos frères, en vue de construire un édifice sahélien jouissant de la paix, de la quiétude et de la prospérité », a-t-il rappelé. Appelant de ses vœux « une décolonisation définitive, en tournant la dernière page de la colonisation au Sahara occidental », M. Attaf a réaffirmé son soutien au Secrétaire général des Nations Unies et à son Envoyé personnel pour « leurs efforts visant à permettre aux deux parties au conflit, le Royaume du Maroc et le Front Polisario, de reprendre le processus de négociations directes en vue de parvenir à une solution pacifique qui garantisse le droit imprescriptible et inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination ». L’Algérie demeure convaincue que « le phénomène de la colonisation est voué à la disparition et que les droits légaux et légitimes du peuple sahraoui seront consacrés, tôt ou tard ». S’agissant de la Libye voisine, le ministre a déclaré que « l’Algérie souligne l’impérieuse nécessité de traiter rapidement la problématique des ingérences étrangères, qui consument les capacités de ce pays frère et attisent les conflits entre ses enfants ». « Les frères libyens peuvent se rassembler autour d’un terrain d’entente qui permette d’atteindre les bjectifs de réconciliation nationale et de favoriser l’organisation d’élections libres, intègres et transparentes », a-t-il soutenu. Sur le plan continental, le ministre a souligné que l’Algérie poursuit ses efforts en vue d’apporter une contribution significative à l’action africaine commune, indiquant que « l’Afrique aspire à l’activation des solutions africaines pour éteindre les braises des conflits et résoudre les crises et les différends dont pâtissent les pays et les peuples du continent ». « Il s’agit également pour l’Afrique de gagner le pari du développement économique, de participer aux révolutions actuelles en matière d’intelligence artificielle, de numérisation et d’énergies renouvelables (…), de promouvoir ses priorités stratégiques visant à réformer les institutions financières, monétaires et bancaires internationales pour être mieux représentée en leur sein (…) et de réparer l’injustice historique dont elle est victime au Conseil de sécurité afin de lui permettre d’occuper la place qui lui revient de droit au sein de cette instance onusienne centrale, suite à son adhésion récente en tant que membre permanent du G20″, a affirmé le ministre. Attaf a, par ailleurs, souligné qu' »avec le même niveau d’engagement qui l’anime sur le plan continental, l’Algérie poursuit ses efforts en vue d’établir un partenariat équilibré et bénéfique dans son pourtour méditerranéen, notamment avec l’Union européenne ».

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