C’est un président sur de lui et totalement lucide que les responsables des médias nationaux eurent la surprise de découvrir. En effet le chef de l’Etat a abordé sous un angle nouveau sa vision de cette Algérie qui est en train de se construire sur les plans politique, économique et social. Il a aussi abordé avec une grande maitrise des sujets sensibles comme la relation avec la France, la question sahraouie et le retrait de l’Algérie des BRICS.
C’est un langage de vérité sans entournure ni faux semblant que les directeurs de médias nationaux ont écouté, eux qui sont traditionnellement invités pratiquement chaque mois à El Mouradia pour entendre ce que le président de la république a à leur dire. Cette fois c’est exceptionnellement différent car d’une part cet entretien est le premier d’une longue série de ce deuxième mandat présidentiel qui prendra fin en 2029. D’autre part cet entretien number one oserons –nous dire a révélé la stature d’un chef d’Etat réellement au courant de ce qui se passe d’abord dans son propre pays mais aussi au niveau régional et international. M. Tebboune est d’abord revenu sur les résultats de l’élection présidentielle. Manifestement il n’est pas content et c’est un euphémisme que de le dire sur cette première mouture de ces résultats qui enfermait des contradictions inadmissibles selon lui. Cette instance (l’ANIE) devait, selon le chef de l’Etat être irréprochable, ce qui n’a pas été le cas et le président s’en désole et il souligne que s’il y a faute imputée à certains responsables d’un tel cafouillage, ces responsables seront limogés car ajoute le président une telle instance doit être le socle sur lequel doit reposer l’Etat de droit et la démocratie. Interrogé sur l’éventualité d’un changement du gouvernement, le président a précisé qu’il y aura évidemment un nouveau gouvernement mais pas avant l’année prochaine et celui-ci sera composé de compétences avérées. Sur la question relative au dialogue avec les partis politiques, le chef de l’Etat a déclaré qu’il avait en fait déjà commencé sans prendre une allure officielle, ajoutant que cette officialisation d’un dialogue avec tous les partis ayant une représentation nationale se fera dans un cadre approprié et dans une totale transparence. En attendant a souligné le président nous allons nous attaquer à la réforme des codes communal et de wilaya, c’est notre priorité a-t-il tenu à spécifier. Questionné sur une éventuelle révision de la constitution, le président de la république a déclaré que ce sujet n’est pas un tabou et qu’il est ouvert à tout débat constructif. On comprend dès lors la vision du chef de l’Etat de cette Algérie nouvelle qu’il entend bâtir. Une Algérie selon lui qui doit être fondée sur un équilibre des pouvoirs basé sur des institutions rénovées.On aura compris que celles qui existent aujourd’hui ne répondent pas à une telle ambition. Le but du chef de l’Etat est de construire une véritable démocratie basée sur des institutions qui répondent aux aspirations du peuple et non une démocratie de façade. Le président a même parlé d’élections anticipées locales et législatives quand le moment sera venu et pour le chef de l’Etat ce sera après la révision des codes communaux et de wilayas. En ce qui concerne l’amélioration de la vie de tous les citoyens algériens le président a assuré que la nature sociale de l’Etat ne sera nullement changée et qu’elle sera au contraire renforcée. Ainsi il a assuré que les salaires de la fonction publique seront augmentés ainsi que les pensions de retraite jusqu’à atteindre le taux des 100% en 2027. Il a également promis la réduction progressive mais néanmoins drastique de l’inflation pour dit –il donner un sens à la notion d’augmentation du pouvoir d’achat. Passant sur un autre sujet économique toujours mais ayant un lien avec l’environnement international, le chef de l’Etat questionné sur les BRICS a réaffirmé que l’Algérie n’en fera jamais partie mais par contre elle continuera à faire partie du système de financement de cette organisation à travers son actionnariat à la banque de cette organisation. Au sujet des échanges commerciaux avec l’UE, le président a déclaré que l’accord d’association qui lie l’Algérie avec l’union européenne sera révisé l’année prochaine, spécifiant que l’Algérie d’hier, celle de l’accord existant, n’a plus de raison d’être, c’est une Algérie qui importe mais qui exporte également et il faut à cet égard trouver l’équilibre qui n’existe pas à l’heure actuelle. Au sujet d’un autre sujet brulant qui secoue l’actualité celui de la relation avec la France et du voyage d’Etat prévu dans ce pays, le président de la république a répondu par cette phrase sibylline mais pleine de sens caché en disant « Je n’irai pas à Canossa » .Cette expression est employée pour signifier le rejet de toute forme d’humiliation , de servilité ou de vassalité, or ce qui s’est passé dernièrement avec la reconnaissance de l’Elysée de la souveraineté entre guillemets de la marocanité du Sahara occidental est du point de vue algérien inadmissible. De ce fait cela induit que le voyage prévu en principe ce mois –ci n’aura pas lieu et c’est la réponse du berger à la bergère. Revenant sur cette reconnaissance du fait accompli marocain par la France qui est, au reste, sans fondement et en totale contradiction avec le droit international et les résolutions du conseil de sécurité dont la France est membre permanent, le président de la république a enfoncé le clou en déclarant que ce fameux plan d’autonomie du Sahara occidental proposé par le Maroc est en réalité inspiré par la France qui est le véritable auteur de cette proposition. Pour le président ce pseudo plan n’a rien de sensationnel puisqu’il est d’inspiration française et l’Algérie le sait depuis longtemps, c’est pour cela qu’en n’en fait pas une obsession .
