L’accord de 1968 entre la France et l’Algérie :Un épouvantail qui ne signifie plus rien

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La droite et l’extrême droite française n’ont cessé de revenir sur l’accord franco-algérien de 1968. Interrogé sur le sujet le président Tebboune, lors de son entretien accordé aux médias nationaux samedi dernier, a dit « Cet accord est un épouvantail» ajoutant «Il est brandi par ceux qui vouent une haine viscérale envers les Algériens»

Le chef de l’Etat approfondissant sa réflexion sur cet accord de 1968 a notamment déclaré «l’accord en question faisait déjà partie des accords d’Evian et il concerne la libre circulation des personnes entre l’Algérie et la France».  Il se trouve que la quasi-totalité de ce qu’on appelait les Français d’Algérie avait fait le choix de partir en décidant de ne plus retourner dans ce pays où ils vécurent cent trente deux ans. Il est évident que ce n’est pas du tout la faute des Algériens mais celle de cette communauté qui avait fixé définitivement son choix. Il apparait donc que le sens profond de cet accord n’existait plus. Cela c’était en 1962. En 1968 la France s’était débarrassée de cette Algérie dont le cout de la guerre était exorbitant pour le budget, endettant à un chiffre astronomique ce pays. Une fois notre  indépendance arrachée, la France reprit en main son économie. C’était le début de ce qu’on exprima «Les trente glorieuses». Les secteurs clés de l’économie française recrutaient en masse et faute de main d’œuvre locale on fit appel à l’’émigration étrangère: Algérienne et portugaise principalement. En 1968  juste après les évènements  de Mai de cette même année  et à l’issue des accords dits de Grenelle on signa avec l’Algérie un accord sur un séjour réglementé des Algériens désirant travailler en France, en plus de ceux qui vivaient déjà dans ce pays bien avant l’indépendance. Ce fut alors un afflux massif de nos compatriotes qui trouvèrent vite un emploi dans le bâtiment dont l’expansion était florissante et dans les usines de construction automobile chez Renault et Peugeot. Cette circulation des Algériens vers la France n’était pas à sens unique car l’Algérie et la France après 1965  signèrent un accord de coopération technique. Un accord qui fit venir en Algérie des milliers de français coopérants techniques et volontaires du service national en Algérie (VSNA)  qui travaillaient dans divers secteurs de l’économie nationale mais aussi dans l’enseignement et dans l’administration. La circulation se faisait donc dans les deux sens entre les deux pays et il faut rappeler qu’il n’y avait pas de visas d’entrée entre les deux pays. Un simple passeport suffisait. Par ailleurs on délivrait facilement des cartes de main d’œuvre ou permis de travail accompagné de séjours prolongés aux Algériens voulant travailler en France. Cette période euphorique entre les deux pays  permit à tous ces milliers de nos compatriotes de faire venir leurs femmes et enfants en France augmentant considérablement le nombre d’Algériens sur le sol français. A chaque chose il y a une fin ce boom migratoire de nos nationaux baissa considérablement en intensité  en 1971  quand le président Boumediene annonça la nationalisation à 51%  du pétrole et du gaz, faisant réagir négativement la France, dirigée à l’époque par le président Pompidou qui succéda au général de Gaulle en 1969.   Les relations entre la France et l’Algérie, d’abord très froides devinrent tièdes avec l’arrivée de Giscard Destaing et se réchauffèrent avec l’investiture de François Mitterrand où beaucoup de sans –papiers algériens, mais pas seulement eux, furent automatiquement régularisés. Pendant ce temps l’extrême droite prenait de la vigueur avec Jean Marie le Pen à sa tête une explosion sans précédent d’actes racistes et xénopkobes, en grande partie dirigée contre les Algériens changea la donne dans la société française. Une catégorie de français pas nécessairement affiliés au parti de Le Pen  commença à faire dans a confusion. Elle prit à partie l’Elysée et reprocha  aux gouvernements français leur tolérance envers un flux migratoire de plus en plus dense. Néanmoins ce que cette catégorie de français ne savait pas c’est que ces migrants venaient massivement d’Afrique  noire, du Sahel, du Maroc et de Tunisie, certainement pas d’Algérie dont le nombre de nos compatriotes traversant au péril de leur vie la Méditerranée était insignifiant, voire nul. La progression du parti lepéniste avec à sa tête la fille du patriarche du FN  et le virage à 180° de la droite dite républicaine mais qui ne l’était plus depuis sa défaite face aux macronistes  en 2017 et 2022 se focalisa énergiquement contre la politique d’immigration du pouvoir. Dans cette focalisation  qui prit de l’ampleur après les dernières législatives de cette année on trouve toujours les nostalgiques de l’Algérie française mais également cette frange de la population conservatrice, identitaire et anti musulmane qui  monte aujourd’hui au créneau, croyant faire pencher la balance en sa faveur. Il ne faut pas parier là-dessus !

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