Finances 2025 :Une loi pour le citoyen et des défis de taille pour l’Algérie

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Le projet de loi de finances 2025, présenté par le ministre de l’Intérieur Ibrahim Merrad, se distingue par sa volonté de placer le citoyen au centre de toutes les politiques publiques. En adoptant une approche de planification par objectifs, les autorités espèrent accélérer le développement local, réduire les disparités régionales et transformer les collectivités locales en moteurs de l’économie nationale. Inspiré des directives présidentielles, le projet reflète une ambition forte d’améliorer le quotidien des Algériens, mais cette vision soulève aussi des questions et des défis d’envergure pour le pays. L’une des grandes priorités de cette loi de finances est la réduction des inégalités entre les régions, en particulier dans les zones pauvres et marginalisées. Le but est de fournir des services essentiels et des infrastructures là où elles sont encore déficientes. Toutefois, pour concrétiser cet objectif, l’Algérie devra faire face à des enjeux de taille : la mobilisation de ressources financières diversifiées et le développement d’une planification logistique efficace. Dans un contexte économique dépendant des revenus pétroliers, la stabilité et la durabilité des financements sont loin d’être assurées, mettant en évidence l’urgence de diversifier les sources de revenus pour sécuriser ces ambitions. Au cœur de ce projet se trouve aussi la volonté de dynamiser l’économie locale. Le gouvernement aspire à faire des collectivités locales des pôles attractifs pour les investisseurs, générant ainsi de l’emploi et de la richesse à une échelle régionale. Mais pour que cette vision prenne forme, il est nécessaire de garantir un environnement propice aux affaires, avec des infrastructures adaptées et une main-d’œuvre qualifiée. Le chômage des jeunes, particulièrement prononcé dans les zones rurales, est un défi majeur. Transformer les collectivités en pôles économiques doit s’accompagner de réformes éducatives et de programmes de formation pour répondre aux besoins d’un marché du travail en constante évolution. Par ailleurs, la transformation numérique est un axe stratégique majeur de la loi de finances 2025. Avec la mise en place de plateformes et d’outils digitaux, l’administration vise à simplifier les démarches pour les citoyens et à accroître l’efficacité des services publics. Néanmoins, l’accessibilité des technologies dans les régions reculées reste un obstacle à surmonter. Alors que certaines localités manquent de couverture internet ou d’équipements informatiques, l’inclusion numérique s’impose comme une nécessité pour garantir un accès équitable aux services à travers le pays. Le volet sécurité et gestion des risques bénéficie également d’une attention particulière. Avec l’augmentation des catastrophes naturelles et les effets visibles du changement climatique, l’Algérie doit impérativement renforcer sa capacité de prévention et de réaction aux crises. Le projet prévoit des dispositifs améliorés pour assurer la protection des personnes et des biens. Cependant, face aux sécheresses, incendies de forêt et inondations de plus en plus fréquents, l’adaptation aux défis climatiques exige une coordination renforcée entre les différents échelons de l’administration, ainsi que des investissements dans des infrastructures résistantes aux risques. La dimension budgétaire du projet de loi de finances 2025 affiche une augmentation notable, avec des crédits pour le ministère de l’Intérieur atteignant plus de 1 365 milliards de dinars, soit une hausse de 3,44 % par rapport à l’année précédente. Ces financements serviront entre autres à l’acquisition de systèmes de gestion numérique, à l’équipement des nouvelles wilayas déléguées des Hauts Plateaux et à la création de 1 235 nouveaux postes. Cette hausse budgétaire prometteuse appelle toutefois une répartition rigoureuse des fonds pour que les régions les plus démunies en bénéficient en priorité. Le projet de loi de finances 2025 vise une transformation en profondeur de la gestion publique, avec pour ligne directrice la satisfaction des attentes citoyennes. En plaçant le citoyen au cœur de la gouvernance, l’Algérie aspire à une administration de proximité, transparente et efficace. Mais le succès de cette vision dépendra de la capacité du gouvernement à relever les défis structurels et financiers qui l’accompagnent. Face à des attentes sociales grandissantes, le développement local nécessite une mobilisation sans précédent de tous les acteurs pour bâtir un avenir durable et inclusif, où chaque collectivité pourrait devenir un levier de croissance et de bien-être.

Par Mohamed Tahar Aissani

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