Le ministre des transports a confirmé que trois dossiers de prétendants privés ont déposé leurs dossiers d’agrément. Ils sont à l’étude a souligné le ministre. L’Algérie conserve un souvenir amer avec l’aventure Khalifa Airways. Certes la situation n’est plus la même qu’elle l’était en ce temps là mais prudence oblige.
Devenir avionneur n’est pas une mince affaire. Il faut un financement considérable et nous parlons ici de dollars car il faut acquérir des avions, neufs ou en bon état et c’est une affaire de centaines de millions de dollars. Qui possède une somme aussi considérable ? Certainement pas un seul homme à moins qu’il soit titulaire d’une fortune bien établie et connue de tous du genre de celle d’Issad Rebrab mais il semble que ce dernier ne soit pas intéressé par l’aérien sinon il l’aurait fait savoir sans que cela ne dérange personne car l’homme en question lequel, au demeurant s’est retiré d’une partie des affaires au profit de ses enfants jouit auprès de l’Etat d’un capital confiance indéniable. Alors quels sortes de concurrents d’Air Algérie pense t-on avoir affaire. On ne le sait pas encore, confidentialité oblige. En toute logique il s’agira d’un groupe d’hommes d’affaires ou de propriétaires d’entreprises ou sociétés s’entendant pour fonder une compagnie aérienne sous la forme d’une société. Les statuts désignant quel type de société figurent sans doute déjà dans les dossiers déposés au ministère des transports. Il faut de l’argent et même beaucoup car comme l’a déclaré le ministre il ne s’agit pas seulement d’acheter des avions mais il faut aussi investir dans les espaces aéroportuaires pour le droit d’atterrir et de décoller dans tout aéroport du pays mais aussi, éventuellement, à l’étranger mais aussi de disposer de bureaux et de guichets dans le pays et à l’extérieur. Il s’agira aussi et avant tout de disposer d’un personnel qualifié dans les avions mais également au sol au niveau des aéroports nationaux. La ressource humaine est primordiale. Elle détermine la bonne réputation d’une compagnie aérienne. La prestation aussi et on arrive alors à l’essentiel : Le prix du billet. C’est là où tout se joue. S’agira t-il de faire comme les compagnies lockhaust où on voyage à prix réduit tout en mettant de coté la moindre qualité de service ? Ou proposera t-on de voyager confortablement en payant un prix fort mais sans être exagéré ? Les équations dans le domaine de l’aérien sont multiples et pour conquérir une clientèle régulière il faudra mettre le paquet. Or on sait que les dépenses dans le savoir faire de l’aviation civile sont considérables. Selon le ministre des transports ces prétendants concurrents à la compagnie nationale Air Algérie sont algériens. Il n’y aurait donc pas d’étrangers. Khalifa Airways aussi était une compagnie 100% algérienne. Ce n’est pas cela dont il faut surtout tenir compte mais plutôt la provenance des capitaux qui financeront de telles compagnies. L’exemple de Khalifa est encore présent dans les esprits concernant l’origine du financement de cette compagnie aérienne. Un scandale sans précédent aux réminiscences considérables secoua la sphère politique de l’époque. Allons–nous renouveler un tel remake ? Bien sûr les pouvoirs publics sont tétanisés et ne voudront à aucun prix assister à un tel bouleversement économique et au-delà de celui-ci, politique. Toujours est –il comme on dit «Qui ne tente rien n’a rien» mais finalement à qui imputer la faute si on est obligé d’ ouvrir le domaine aérien jusque là réservé exclusivement au secteur public au secteur privé ? Incontestablement à Air Algérie.
