Les différends commerciaux entre l’Union européenne et l’Algérie pourraient bientôt connaître une nouvelle étape vers leur résolution. Selon les déclarations du nouvel ambassadeur de l’UE en Algérie, Diego Mellado, les deux parties s’apprêtent à entamer des consultations techniques en novembre, s’inscrivant dans le prolongement de la procédure initiée par Bruxelles en juin dernier. En effet, dans un entretien accordé à l’agence de presse espagnole EFE, le diplomate européen a mis en avant un engagement fort en faveur d’une relation stratégique avec l’Algérie, qualifiant le pays de « partenaire fiable ». Dans ce sillage, Il a annoncé qu’une délégation de l’UE se rendra à Alger dans les prochaines semaines pour entamer des négociations concernant un différend commercial, soulignant que ce processus se situe à un stade préliminaire d’échange d’idées plutôt qu’à une phase d’arbitrage. L’ambassadeur a également reconnu des déséquilibres dans les échanges, notant que les clauses de l’accord actuel n’ont pas suffisamment permis à l’Algérie de diversifier ses échanges, malgré un bilan commercial globalement favorable, surtout dans le secteur des hydrocarbures. Lors de sa rencontre avec le président Abdelmadjid Tebboune, il a souligné l’importance des discussions autour de l’accord de partenariat existant, des flux migratoires, ainsi que des défis géopolitiques en Afrique et dans la région du Sahel. Diego Mellado a mis en lumière le renforcement du rôle de l’Algérie comme fournisseur énergétique pour l’Europe, surtout depuis le début du conflit russo-ukrainien, où le pays est devenu le deuxième plus grand exportateur de gaz vers l’UE. Cette dynamique pousse l’UE à intégrer davantage l’Algérie dans sa stratégie de partenariat méditerranéen, avec la nomination d’un nouveau commissaire dédié exclusivement à la Méditerranée à partir du 1er décembre. Le diplomate a également évoqué la nécessité de repenser la géopolitique européenne et les partenariats historiques pour améliorer la compétitivité stratégique, l’économie et la sécurité. Il a mis en avant le rôle clé de l’Algérie dans la résolution des crises au Sahel, en tant que puissance régionale, et son approche pacifique visant à promouvoir le développement des États voisins, illustrée par un fonds d’un milliard de dollars qu’elle a consacré à cette fin. Pour rappel, le président de la République Abdelmadjid Tebboune avait exprimé l’intention de revoir l’accord d’association avec l’UE « clause par clause », une révision qui commencera en 2025, signalant que l’Algérie d’aujourd’hui est bien différente de celle qui a signé cet accord.
Par Kheireddine Boukhalfa
