Dans une nouvelle prise de parole incisive, le ministre du Commerce a dressé un bilan sans concessions de la crise récente autour de l’approvisionnement en café, une denrée devenue épineuse pour le consommateur algérien. Cette crise met en lumière des pratiques économiques problématiques et les failles d’un système de régulation qui n’a pas su anticiper les résistances face à une décision de soutien des prix, prise pourtant dans l’intérêt des citoyens.
Depuis que le Président de la République a ordonné un soutien des prix du café, le ministère a inclus divers acteurs économiques – transformateurs et importateurs – dans la préparation du décret exécutif fixant les marges bénéficiaires. Malgré cette démarche inclusive, les engagements des parties prenantes semblent n’avoir pas été respectés. Selon le ministre, certains acteurs ont délibérément entravé cette mesure en freinant les importations, ce qui a conduit à une chute vertigineuse des volumes de café importés, passant de 29 000 tonnes mensuelles à seulement 3 000 tonnes. Ce recul drastique a non seulement créé une tension sur le marché, mais a également exposé les citoyens à une rareté artificielle, orchestrée pour exercer une pression sur les décisions de soutien public. Les enquêtes préliminaires, en cours, révèlent des manipulations dans l’importation et la distribution de café, certains acteurs ayant détourné de grandes quantités vers le marché noir. Ce détournement a permis à certains de réaliser des marges bénéficiaires extravagantes, en totale déconnexion avec l’effort de soutien financier engagé par l’État. Cette situation suscite une question essentielle : comment les mécanismes de contrôle peuvent-ils être améliorés pour éviter que des denrées de base ne soient prises en otage par des stratégies mercantiles ?
Le gouvernement face à une responsabilité accrue
Face à cette situation, le gouvernement se montre déterminé à protéger le pouvoir d’achat des citoyens. Le ministre a assuré que toutes les mesures nécessaires ont été prises pour garantir la disponibilité du café pour les ménages, grâce à de nouveaux canaux de distribution. Cette déclaration s’accompagne d’un avertissement ferme : toute tentative de manipulation des prix ou de spéculation sera sanctionnée. Le ministre a également exprimé son regret de voir certaines associations de protection des consommateurs se transformer en défenseurs d’intérêts économiques étroits, au lieu de plaider pour les droits des citoyens. Cette déviation de leur mission initiale est un signal alarmant quant à l’indépendance et la transparence de certains organismes. Le gouvernement appelle ainsi à une refonte de la régulation pour s’assurer que les institutions de défense du consommateur jouent leur rôle sans influence externe. Des engagements présidentiels prioritaires pour le pouvoir d’achat. Le soutien au pouvoir d’achat figure en tête des engagements du Président de la République, et ce, dès son premier mandat. Le ministre a rappelé que les produits de première nécessité, comme le café, ne doivent en aucun cas devenir des instruments de chantage économique, et que toute tentative dans ce sens sera fermement combattue. Une refonte nécessaire pour une stabilité pérenne Cette crise de l’approvisionnement en café soulève des enjeux de fond qui appellent à une révision des politiques de régulation et des structures de contrôle pour éviter de futures dérives. Plus largement, elle met en lumière la nécessité d’une transparence accrue dans la chaîne d’approvisionnement des produits de base. Il appartient maintenant aux autorités de tirer les leçons de cette situation pour instaurer des mécanismes préventifs robustes, afin que le citoyen ne soit plus l’otage des tensions sur les marchés essentiels.
Par Mohamed Tahar Aissani
