Confrontée à une forte dépendance alimentaire, l’Algérie a entrepris une révision stratégique de sa politique d’importation de blé. Cette réorientation, visant à réduire la facture des importations et à renforcer sa sécurité alimentaire, a particulièrement impacté les exportations de l’Union européenne vers le pays. Le volume des échanges céréaliers entre ces partenaires historiques connaît ainsi un net recul, marquant un tournant dans leurs relations commerciales. En effet, selon l’agence « Reuters », des commerçants ont indiqué récemment que les exportations de blé de l’Union européenne se tournaient de plus en plus vers l’Afrique de l’Ouest, après avoir perdu une grande partie de leurs marchés traditionnels en Afrique du Nord et au Moyen-Orient au profit de la Russie. Ainsi, les exportations de blé tendre de l’UE ont diminué de 30 % par rapport à l’année précédente, principalement en raison de la concurrence accrue de la Russie et des conditions climatiques défavorables en France, le principal exportateur européen. Les derniers chiffres montrent que l’Algérie, qui était autrefois le principal importateur de blé européen, est désormais tombée à la cinquième place, tandis que le Nigeria a pris la tête des pays importateurs. « France Agri Mer », l’agence française de l’agriculture, a révisé ses prévisions pour les exportations de blé tendre français pour 2024-2025, anticipant une baisse de 62 % par rapport à l’année précédente, suite à la réduction des ventes vers l’Algérie. « Reuters » a également précisé que la France et l’Allemagne ont partiellement ajusté leurs stratégies face à la domination du blé russe sur le marché algérien, en augmentant leurs exportations vers le Maroc. Il convient de noter dans ce sillage que l’Algérie a pris plusieurs mesures pour réduire la facture des importations de blé voire les arrêter en vue d’assurer une autosuffisance dans ce domaine. D’ailluers, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Youcef Cherfa, a récemment souligné que 2025 devrait marquer la dernière année d’importation de blé dur pour le pays, appelant de ce fait les investisseurs à exploiter pleinement les terres qu’ils ont obtenues afin d’atteindre cet objectif d’autosuffisance.
Par Kheireddine Boukhalfa
