Le régime marocain, dirigé d’une main de fer par Mohammed VI, s’enlise dans une spirale de corruption, de répression et d’allégeance aveugle aux intérêts israéliens et occidentaux. À l’heure où le peuple marocain revendique justice sociale et souveraineté populaire, le palais royal choisit l’autoritarisme, bafouant les droits fondamentaux et réduisant à néant toute perspective de démocratie.
Le Maroc est l’un des rares pays à maintenir un système de monarchie absolue où le roi détient les pleins pouvoirs. Cette configuration, critiquée ouvertement par le prince Hicham Alaoui, cousin du roi, empêche toute avancée démocratique. Dans une récente interview avec France 24, le prince Hicham a dénoncé une monarchie qui « étouffe les aspirations du peuple à une gouvernance transparente et démocratique ». Selon lui, seul un passage à une monarchie constitutionnelle, où le roi jouerait un rôle purement symbolique comme en Espagne ou au Royaume-Uni, pourrait ouvrir la voie à un véritable État de droit. Mais Mohammed VI, accroché à ses privilèges et à son pouvoir absolu, semble déterminé à maintenir le Maroc dans une posture de dépendance économique et politique vis-à-vis des grandes puissances occidentales, quitte à sacrifier les intérêts de son propre peuple.
Le poids du pacte avec Israël
L’une des décisions les plus controversées du régime est la normalisation avec Israël dans le cadre des accords d’Abraham, une démarche imposée par des intérêts géopolitiques et économiques sous l’égide des États-Unis. Ce choix, qualifié de « trahison » par de nombreux Marocains, a permis à Mohammed VI de se positionner comme un allié stratégique de l’Occident, au prix d’une profonde fracture avec son peuple. La normalisation a exacerbé le mécontentement populaire, dans un pays où la solidarité avec la cause palestinienne est profondément enracinée. Selon le prince Hicham, ce rapprochement avec Israël est une « manœuvre cynique visant à masquer les échecs internes et à acheter le silence des organisations internationales sur les pratiques dictatoriales du régime ». Le Maroc de Mohammed VI est également un royaume où les scandales de corruption et de malversation éclaboussent toutes les strates du pouvoir. La gestion des ressources publiques est monopolisée par une élite proche du palais, tandis que les conditions de vie de la majorité des Marocains continuent de se dégrader. Les services publics sont en ruine, le chômage explose, et les jeunes fuient massivement un pays devenu synonyme d’oppression et d’absence de perspectives. Les manifestations contre la vie chère et la répression se multiplient, mais elles sont systématiquement étouffées par une machine répressive implacable. Les voix dissidentes sont muselées, les journalistes indépendants persécutés, et les militants pro-démocratie emprisonnés.
Une monarchie à bout de souffle ?
Les critiques émanant du prince Hicham ne sont pas isolées. Elles reflètent une prise de conscience croissante au sein de l’élite marocaine et de la diaspora. L’idée d’une réforme profonde du système politique marocain, avec un transfert des pouvoirs exécutifs à des institutions démocratiques, gagne du terrain. Cependant, Mohammed VI et son entourage semblent incapables ou peu désireux de s’engager dans cette voie. Leur obsession pour le maintien du statu quo, au mépris des aspirations populaires, risque de précipiter le pays dans une crise politique majeure. Le Maroc de Mohammed VI est à un tournant historique. À mesure que les fractures sociales, économiques et politiques s’accentuent, le trône vacille sous le poids des contradictions d’un régime autoritaire, pro-israélien et corrompu. Si aucune réforme sérieuse n’est entreprise, le royaume risque de sombrer dans un chaos dont il sera difficile de se relever. Ce n’est plus une question de monarchie ou de république. C’est une question de justice, de dignité et de souveraineté pour un peuple qui aspire à sortir de l’ombre d’un régime oppressif et à reprendre en main son destin. Mohammed VI est-il prêt à entendre cet appel, ou continuera-t-il à s’accrocher désespérément à un pouvoir de plus en plus contesté ?
Par Mohamed Tahar Aissani
