Depuis l’indépendance, l’Algérie a toujours placé la gestion des ressources en eau au cœur de ses priorités pour répondre aux besoins croissants de sa population urbaine et rurale.
Cette approche s’est concrétisée par la mise en place de bassins et stations industrielles pour le traitement des eaux usées des villes. Aujourd’hui, le pays compte 270 stations d’épuration, capables de traiter environ 3 milliards de mètres cubes d’eaux usées par mois. Un chiffre impressionnant, mais encore loin de garantir une exploitation optimale et durable de cette ressource précieuse. Malgré les efforts déployés, les eaux traitées restent en grande partie inexploitées, ce qui constitue un gaspillage économique et un risque environnemental majeur. Face à cette situation, des initiatives de sensibilisation et des programmes stratégiques sont en cours pour promouvoir la réutilisation des eaux usées dans des secteurs vitaux comme l’agriculture, l’industrie et l’urbanisme. Le gouvernement algérien, sous l’impulsion du Président de la République, a pris une décision clé en avril 2023, visant à réhabiliter ces eaux traitées et à les intégrer dans les projets de développement nationaux. Cette démarche s’inscrit dans une vision globale qui conjugue protection de l’environnement et développement durable. L’Association nationale pour la protection de l’environnement et la lutte contre la pollution (ANPEP) joue un rôle central dans cette dynamique. Forte de son engagement pour la préservation des ressources naturelles et la lutte contre la pollution, l’ANPEP a intensifié ses efforts pour sensibiliser les institutions, les citoyens et les acteurs économiques à l’importance de la récupération et de l’utilisation rationnelle des eaux usées traitées. Dans un récent rapport intitulé «Les eaux, clé du développement durable», l’ANPEP a mis en lumière les avantages environnementaux et économiques de l’utilisation des eaux usées traitées. L’association a organisé des campagnes d’information, des colloques scientifiques et des collaborations intersectorielles pour mobiliser toutes les énergies autour de cette cause cruciale. L’ANPEP appelle à une synergie nationale pour transformer ce défi en opportunité et garantir une gestion pérenne des ressources hydriques, essentielle pour l’avenir du pays. L’exploitation efficace des eaux usées représente une étape stratégique dans l’autonomie hydrique de l’Algérie, tout en limitant son impact écologique. Grâce à l’engagement et au leadership de l’ANPEP, cette démarche ouvre de nouvelles perspectives pour l’agriculture, l’industrie et les villes, tout en renforçant leur résilience face au stress hydrique. Avec un soutien accru et des politiques concertées, l’eau traitée peut devenir un véritable levier de développement durable pour l’Algérie, marquant ainsi une étape décisive dans sa quête de prospérité et de durabilité.
Par Mohamed Tahar Aissani
