0
79

Par Mohamed Tahar Aissani

Le récit manipulateur de Marine Le Pen, habituée des polémiques et de la surenchère populiste, a une fois de plus jeté son dévolu sur l’Algérie. Dans une sortie médiatique sur la chaîne française CNEWS, la présidente du Rassemblement National a osé accuser l’Algérie d’être responsable des problèmes économiques de la France.

Une accusation grotesque qui ne relève ni du fait ni de la raison, mais bien d’une tentative désespérée de détourner l’attention de l’électorat français des véritables crises internes : une économie chancelante, une montée de la précarité, et un tissu social fissuré. Selon ses propres termes, Le Pen reproche à la France d’allouer 800 millions d’euros d’aides à l’Algérie, tout en affirmant que notre nation « crache sur la France ». Une déclaration aussi erronée qu’irrespectueuse, destinée à flatter les instincts les plus bas d’un électorat nourri de fantasmes coloniaux et de désinformation.

 

L’Algérie, cible facile du déclin français

Depuis des années, l’extrême droite française et une partie de sa classe politique trouvent en l’Algérie un bouc émissaire commode. À chaque crise intérieure, le spectre de l’ancienne colonie est agité pour faire diversion. Mais, qu’on ne s’y trompe pas : cette obsession malsaine relève d’un échec collectif de la classe dirigeante française, incapable d’assumer ses responsabilités face à ses citoyens. La France, autrefois phare des Lumières, s’est transformée en un pays englué dans des conflits identitaires artificiels. Les discours comme celui de Marine Le Pen reflètent une nostalgie coloniale morbide, où l’Algérie n’est pas vue comme un partenaire indépendant, mais comme une entité à blâmer pour masquer les faillites systémiques françaises.  Que la vérité soit dite : les 800 millions d’euros brandis par Le Pen ne sont pas des « cadeaux ». Ces fonds, s’ils existent réellement, relèvent de la coopération bilatérale et des accords entre deux États souverains. Ce ne sont pas des aumônes, mais des engagements découlant de relations historiques complexes. Le Pen ferait mieux de regarder vers les milliards d’euros que la France engrange chaque année grâce à ses entreprises opérant en Algérie. Le commerce, l’énergie, et les services rapportent bien plus à l’économie française que ce qu’elle prétend dépenser. Et que dire de la diaspora algérienne en France ? Ces millions de citoyens franco-algériens qui contribuent à l’essor économique de leur pays d’accueil ? Ignorer leur apport et réduire leurs origines à une charge pour la France relève d’une malhonnêteté flagrante.

La France malade de son passé colonial

L’acharnement contre l’Algérie révèle une immaturité politique française face à son passé colonial. Marine Le Pen, en bonne héritière du système colonialiste, agite le spectre d’une Algérie dénigrée pour alimenter les instincts xénophobes. Pourtant, notre pays n’a jamais demandé à être le centre des débats politiciens français. Ce sont eux qui, par leur incapacité à gérer leurs propres contradictions, font de l’Algérie un punching-ball médiatique. L’Algérie a sa dignité et son indépendance. Elle ne quémande rien à personne. Et si la France est aujourd’hui en crise, qu’elle commence par balayer devant sa porte, plutôt que d’accuser une nation qui se relève de 132 ans de colonisation et 7 ans de guerre sanglante imposée par cette même France. Une réponse ferme et sans équivoque. L’Algérie n’a pas de leçons à recevoir de politiciens en quête de buzz. Madame Le Pen et consorts feraient bien de méditer sur une vérité fondamentale : nous sommes un peuple libre, debout, et fier de notre histoire. Quant à leur arrogance post-coloniale, elle se heurtera toujours à la réalité de notre souveraineté. Et si certains, en France, ne peuvent digérer leur déclin sur la scène mondiale, qu’ils évitent d’utiliser l’Algérie comme défouloir.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici