Le président Tebboune à Nouakchott :La prépondérance de l’Algérie sur le continent africain

0
86

Le président de la république se trouve présentement à Nouakchott, la capitale de la Mauritanie où il assiste à la conférence continentale sur l’éducation, la jeunesse et l’employabilité. Tout un programme ! Il aurait pu envoyer à sa place le premier ministre ou le MAE mais il a tenu y participer personnellement. A cause du thème de cette conférence ? Ou est –ce une autre motivation ?

Nous posons cette question car des conférences aussi importantes sur des thèmes tout aussi importants ont lieu souvent sans que le président n’y participe, préférant déléguer le premier ministre, celui des affaires étrangères ou le ministre des finances quand il est question de questions économiques. En ce qui concerne cette conférence de Nouakchott , les ministres de l’éducation, de la jeunesse et du travail auraient bien pu et su représenter l’Algérie en présentant le travail qu’il font dans leur pays et en donnant un aperçu sur la vision algérienne concernant ce thème. Le chef de l’Etat a préféré y assister personnellement et sans aucun doute il a ses raisons. Celles–ci ne sont pas spécifiquement thématiques ou techniques comme l’apparence le laisse supposer elles doivent être mues par un objectif précis que seul le chef de l’Etat connait. N’oublions pas que la Mauritanie a une frontière commune avec la partie occupée du Sahara occidental. Elle partage également une frontière avec l’Algérie. C’est une géopolitique  qui n’échappe à personne et certainement pas  au président de la république, lequel par sa présence, tient à affirmer l’amitié renforcée entre l’Algérie et la Mauritanie. Ce geste fort signifie aussi aux participants à cette conférence continentale  que la présence au sommet de l’Algérie doit être perçue par eux comme la quintessence de l’intérêt que porte l’Algérie à l’Afrique. Alors que d’autres pays de ce continent continuent de regarder en direction de l’Europe ou de l’Amérique cette puissance régionale nord africaine qu’est l’Algérie, qui est pourtant proche de cette Europe, préfère dorénavant regarder vers son prolongement naturel qui n’est autre qu’africain. Cette présence algérienne rehaussée par  son président est une invitation à réfléchir sur l’avenir de ce continent qui doit être l’œuvre de ses propres enfants et non par des sortes de parrains dont l’objectif non avoué est que l’Afrique reste comme elle a toujours été, c’est-à-dire, un continent miné par toutes sortes d’influences étrangères, lesquelles ne veulent aucun bien à l’Afrique et à ses habitants mais seulement tirer un maximum de profits. Cet appel à la prise de conscience que sans doute le président algérien adressera dans l’allocution qu’il fera à la jeunesse de cette Afrique qui ne pense plus comme ses ainés. Ces générations montantes qui  insistent beaucoup sur leur africanité dont certains assument déjà comme c’est le cas du Sénégal qui vient d’élire un jeune à la tête du pays, un chef d’Etat qui veut en finir avec tous les résidus de la pensée coloniale. L’éducation, la jeunesse l’employabilité sont justement au cœur de ce qui doit être entrepris par cette Afrique dont la population est à 75%  constituée de jeunes et de très jeunes, qui rêvent de travailler en étant chez eux et surement pas traverser désert et mer pour aller servir de main d’œuvre corvéable à merci  dans des continent qui ont asservi leurs ancêtres au cours de l’histoire. Cette liberté, ce brisement des chaines du passé,  passe bien entendu par l’éducation.  Cependant quelle éducation donner à ces générations montantes africaines, celle de  cet occident qui a enchainé dans de cales de navires négriers leurs ancêtres ? Une éducation dont les véhicules de transmission sont les langues françaises, anglaises et portugaises ou bien ne serait –il pas astucieux de franchir le Rubicon  en  procédant à la recherche  et au perfectionnement de langues autochtones initiées et innovées  par  la construction d’un alphabet commun aux parlers africains?  Il y a un exemple édifiant  à travers l’histoire qui a permis une telle révolution linguistique, celui d’Atatürk qui a  réussi à effacer le Osmanli cette langue et écriture de l’empire ottoman par la langue turque dont la source est anatolienne.   C’est une question importante à laquelle doivent poser ces participants à cette conférence continentale et l’élargir à la discussion.

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici