Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a récemment approuvé un décret présidentiel ratifiant une convention historique sur les ressources en eaux souterraines entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye. Cette convention, signée par les ministres des ressources en eau des trois pays le 24 avril dernier, marque une avancée significative dans la gestion collaborative de cette ressource essentielle et limitée.
La convention prévoit la création d’un mécanisme de consultation sur les eaux souterraines partagées dans la région de la Sahara septentrionale. Basé en Algérie, ce dispositif ambitionne de renforcer la coordination entre les pays concernés pour une gestion durable et équitable de ces ressources, vitales pour les populations et les écosystèmes de cette région aride. Selon le ministre algérien de l’Hydraulique de l’époque, Taha Derbal, cette initiative promet de “profondément améliorer la connaissance des pays signataires sur leurs ressources hydriques communes, tout en favorisant un échange accru d’informations scientifiques et techniques.” Les ressources en eaux souterraines de cette région partagée s’étendent sur plus d’un million de kilomètres carrés, avec une concentration majeure en territoire algérien. Les estimations officielles indiquent que cet aquifère contient environ 60 000 milliards de mètres cubes d’eau, dont 40 000 milliards en Algérie. Une ressource de cette envergure représente un atout stratégique, mais aussi un défi, car elle nécessite une exploitation rationnelle pour éviter les risques de surexploitation et de pollution.Cette convention ouvre des perspectives prometteuses, mais met également en lumière plusieurs défis à relever. Parmi eux : La surexploitation des aquifères peut entraîner une baisse irréversible du niveau des nappes phréatiques et une dégradation de leur qualité. Une planification rigoureuse est essentielle pour éviter ces écueils ; les variations climatiques et l’augmentation des températures exacerbent les pressions sur les ressources hydriques, exigeant des solutions adaptatives et résilientes ; l’efficacité du mécanisme de consultation dépendra de la volonté politique des trois pays de travailler ensemble, de partager les données et d’harmoniser leurs politiques hydriques ; les ressources en eau sont directement liées aux projets agricoles, industriels et urbains. La gestion partagée devra concilier les besoins en développement de chaque pays tout en protégeant l’équilibre écologique. Cette initiative entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye pourrait servir de modèle pour d’autres régions confrontées à des défis similaires. Elle illustre l’importance d’une gestion collective et proactive des ressources naturelles dans un monde où celles-ci deviennent de plus en plus rares. Dans un contexte où l’eau est souvent source de tensions, cette convention constitue une étape majeure vers une approche pacifique et concertée. Reste à voir comment cette coopération se traduira concrètement sur le terrain et si elle parviendra à transformer ce potentiel immense en bénéfices réels pour les populations des trois pays.
Par Mohamed Tahar Aissani