Le Royaume vacille:
Une vacance de pouvoir au Maroc sous couvert d’autoritarisme

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Par Mohamed Tahar Aissani

La monarchie marocaine vacille sous le poids d’une contestation de sujets marocains  inédite, laissant entrevoir une réelle vacance de pouvoir au sommet du royaume. Dans un contexte marqué par des tensions internes croissantes, l’alignement controversé du roi Mohammed VI sur des politiques de normalisation avec Israël apparaît comme une fracture profonde avec les aspirations de ses sujets.

Le Maroc, à travers l’histoire, s’est toujours enorgueilli d’être un défenseur fervent de la cause palestinienne. Cependant, depuis la décision historique et critiquée de rétablir les relations diplomatiques avec Israël en 2020, le fossé n’a cessé de se creuser entre les dirigeants et les sujets marocains. Le récent sondage, publié par des médias marocains tels que Hespress, révèle une désapprobation écrasante de cette politique : 95 % des marocains rejettent toute forme de normalisation, tandis que 98 % considèrent la cause palestinienne comme centrale pour l’identité musulmane. Ce rejet massif, amplifié par la guerre israélienne contre Ghaza, ne fait que souligner l’isolement grandissant de la monarchie. Il ne s’agit plus d’un simple désaccord politique, mais d’un véritable “plébiscite” contre une vision autoritaire et déconnectée des priorités nationales.

Un roi absent et une autorité contestée

Le roi Mohammed VI, souvent accusé d’absentéisme chronique, semble être devenu l’incarnation d’un pouvoir autoritaire sans vision. Tandis que des millions de marocains s’unissent pour exprimer leur solidarité avec Ghaza et dénoncer ce qu’ils qualifient de génocide, le palais royal reste figé dans un silence assourdissant. Une monarchie jadis ancrée dans le cœur de ses sujets semble désormais flottante, vidée de sa substance, incapable de répondre aux attentes de ceux qu’elle gouverne. Certains analystes parlent même d’un “vide stratégique” à la tête du royaume, une vacance de pouvoir masquée par des décisions arbitraires et des discours creux. Si le roi règne toujours, gouverne-t-il réellement ? Cette question devient de plus en plus pertinente face à l’inertie des institutions et au manque flagrant de leadership dans un pays en quête de réponses. Le Maroc officiel, par son alignement sur des intérêts étrangers, semble avoir tourné le dos à ses valeurs fondamentales. Les chiffres du sondage sont sans appel : près de 98,3 % des marocains soutiennent la résistance palestinienne et voient en elle un combat légitime contre l’oppression. Pourtant, les autorités marocaines continuent d’accueillir en grande pompe des responsables israéliens, nourrissant un sentiment de trahison parmi les sujets. Ce paradoxe alimente une colère latente qui pourrait, à terme, se transformer en soulèvement ouvert. Car si les marocains toléraient jusqu’ici l’autoritarisme royal pour son prétendu rôle de gardien des traditions, cette justification s’effondre face à des décisions perçues comme une compromission de la souveraineté nationale.

Un éveil des sujets implacable

Des milliers de manifestations et d’initiatives de solidarité ont fleuri à travers le Maroc, preuve d’un éveil des sujets sans précédent. Pourtant, ces actions ne suffisent pas. Selon 85,5 % des participants au sondage, elles doivent être intensifiées pour peser sur le cours des événements. Cette mobilisation montre que la société marocaine est prête à défier un régime qu’elle considère de plus en plus illégitime. Les jeunes, en particulier, jouent un rôle moteur dans ce mouvement. Portés par un accès élargi aux réseaux sociaux et une conscience politique accrue, ils rejettent la normalisation, mais aussi, plus largement, un système autoritaire qui semble avoir perdu de vue les réalités du XXIe siècle.

Vers un tournant historique ?

Le Maroc se trouve à une croisée des chemins. La contestation actuelle, bien qu’encore diffuse, porte en elle les germes d’une transformation profonde. Le régime, s’il persiste dans son entêtement, pourrait faire face à une crise d’une ampleur inédite. Les murmures d’un “printemps marocain”, longtemps étouffés, pourraient bien se transformer en une clameur irrésistible. Le roi Mohammed VI et son entourage immédiat doivent comprendre que gouverner sans adhésion des sujets est une chimère. L’histoire est pleine de régimes autoritaires qui, en négligeant les aspirations de leurs peuples, ont sombré dans l’oubli. Le Maroc,  mérite mieux qu’une monarchie déconnectée et vacillante. Le temps d’un changement véritable semble approcher, et avec lui, l’espoir d’un renouveau porté par des sujets qui aspirent un jour être un peuple libre et  qui refusent de plier face à l’injustice et à l’autoritarisme.

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