Proposition d’embauche directe des diplômés en médecine Réponse stratégique du ministre de la Santé

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Le ministre de la Santé, Abdelhak Saihi, a répondu récemment à une question parlementaire concernant les mesures prévues pour gérer le chômage des médecins et garantir leur emploi immédiat après l’obtention de leur diplôme.

Dans une déclaration écrite, le ministre a mis en avant les défis structurels du secteur tout en soulignant les initiatives en cours pour améliorer la prise en charge des ressources humaines, un pilier clé du développement du système de santé.
L’humain, au cœur de la stratégie sanitaire. Dans sa réponse, Abdelhak Saihi a affirmé que le personnel médical, y compris les médecins, constitue l’élément fondamental du renforcement de l’infrastructure sanitaire nationale. Selon lui, le secteur de la santé s’efforce d’assurer un nombre suffisant de cadres médicaux, paramédicaux et auxiliaires pour garantir une couverture sanitaire équitable sur l’ensemble du territoire algérien. Le ministre a précisé que 72 % des crédits budgétaires alloués à la santé pour l’exercice 2025 sont dédiés aux dépenses de personnel. Ce chiffre traduit une volonté politique de valoriser les ressources humaines, mais il soulève également des interrogations sur l’efficience de cette allocation budgétaire dans un contexte où les besoins en matière d’infrastructure et d’équipements restent pressants. Des postes budgétaires pour 2025. Pour les généralistes, pharmaciens et chirurgiens-dentistes, Abdelhak Saihi a annoncé l’existence de plus de 25 000 postes budgétaires disponibles au sein des établissements de santé. En outre, 2 000 nouveaux postes seront ouverts en 2025, ciblant particulièrement le renforcement des services d’urgence et des structures sanitaires de proximité. Ces postes incluent des initiatives stratégiques comme les programmes de santé scolaire et les soins à domicile, répondant ainsi à une approche plus intégrée des soins de santé primaires.

Une embauche directe post-diplôme: des obstacles structurels

Concernant la proposition de recruter directement les diplômés en médecine dès leur sortie des facultés, le ministre a tempéré les attentes. Il a souligné que la mise en œuvre de cette mesure exige une étude approfondie impliquant plusieurs ministères et une réforme du système de formation médicale. L’idée s’inspire des programmes de formation des auxiliaires médicaux, qui alignent les besoins sectoriels sur les capacités de formation, mais elle ne peut être transposée au secteur médical sans adaptations majeures. Cette déclaration met en lumière une lacune dans la planification des ressources humaines en santé en Algérie, où la coordination entre la formation universitaire et les besoins réels du marché du travail reste insuffisante. L’approche actuelle, basée sur une augmentation progressive des postes budgétaires, semble inadaptée pour résoudre durablement le problème du chômage des jeunes médecins.

Rétrospective et comparaison internationale.

Dans les pays développés disposant de systèmes de santé solides, l’intégration des médecins dans le marché du travail est souvent planifiée de manière proactive. Par exemple, au Royaume-Uni, le National Health Service (NHS) s’appuie sur une planification centralisée qui prévoit un nombre limité de places en faculté de médecine, basé sur les prévisions de besoins nationaux à long terme. En Allemagne, le système de santé encourage l’installation des jeunes médecins dans les zones sous-dotées grâce à des incitations financières et des conditions de travail attractives. En revanche, des pays comme la France rencontrent également des défis liés à la saturation des facultés de médecine et aux déserts médicaux. La réforme récente du numerus clausus a permis de former plus de médecins, mais elle a aussi accru la compétition pour des postes hospitaliers, avec des conséquences similaires à celles observées en Algérie. Pour l’Algérie, une solution durable pourrait s’inspirer des modèles internationaux tout en tenant compte des spécificités locales :  Planification des effectifs : Intégrer une planification stratégique qui ajuste le nombre d’étudiants admis en médecine aux besoins réels du marché du travail. Cela implique une coordination entre les ministères de l’Enseignement supérieur, de la Santé et des Finances. Encouragement à la ruralisation : Offrir des incitations pour que les jeunes médecins s’installent dans les zones rurales, comme des primes ou des contrats à durée déterminée avec engagement public. Investir dans des programmes de formation continue pour permettre aux jeunes médecins de se spécialiser dans des domaines prioritaires, réduisant ainsi le risque de chômage structurel. Développer des initiatives basées sur les soins de proximité (santé scolaire, soins à domicile) en collaboration avec les collectivités locales pour absorber davantage de médecins. Cette réponse parlementaire met en évidence les efforts du ministère de la Santé, mais elle révèle aussi une urgence : celle d’un réajustement stratégique qui aligne la formation médicale avec les besoins du pays. Un système de santé robuste repose sur des médecins bien formés, mais surtout bien intégrés dans une organisation optimisée et équitable.

Par Mohamed Tahar Aissani

 

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