Le président de la république a été très clair dans son discours à l’adresse des walis « Il faut aller de l’avant » leur a-t-il dit en insistant particulièrement sur les changements qui interviendront lors de la réforme de la base territoriale de l’Etat, à savoir la commune et la wilaya. Il faut du concret et des résultats a dit le chef de l’Etat.
Depuis la naissance des codes de la commune et de la wilaya et quelques retouches adoptées tout au long de ces décennies notamment après la naissance du multipartisme, les APC et les APW n’ont fait que de la figuration. Le pouvoir réel se trouvait et se trouve toujours aux mains des walis, une tutelle censée arbitrer le fonctionnement de ces assemblées élues mais qui, en fait, était une donneuse d’ordres. Les présidents de ces deux assemblées avaient, en réalité les mains liées. Le wali, souvent par téléphone, leur dictait ses propres décisions. Les sessions périodiques des deux assemblaient procédaient plutôt du cérémonial que des arènes de discussion où à la suite d’un vote on débouchait sur un texte qui normalement devait être appliqué. En fait ce qui se passait au cours de ces sessions dominées par la présence de partis politiques mais aussi d’élus indépendants c’est souvent des empoignades sur tel ou tel article d’un texte soumis au débat pour aboutir au vote. L’individualisme prenait souvent le cas sur le collectif. La notion de compromis et d’intérêt général était absente. En fait elle n’a jamais existé. Ce n’est donc pas étonnant que le wali, souvent agacé, prenne les choses en mains. Cette situation ne convient plus à un pays qui vise un développement global et intégré. Il était donc grand temps de se pencher sur cette question délicate de la représentativité populaire au sein de l’instance de base de la République. Les citoyens censés être représentés grâce aux élections locales qui se tiennent tous les six ans dans ces assemblées sont tout le temps déçus par le peu de performance des élus pour lesquels ils ont voté. Et quand on dit peu de performance souvent il est question de non performance du tout. A la longue beaucoup de citoyens se demandent à quoi servent ces assemblées soi disant élues. Certains de nos concitoyens vont encore plus loin en suggérant qu’il est préférable que l’Etat désigne les maires et leurs adjoints comme il le fait avec les walis et les chefs de daïras ? Au moins pensent de nombreux citoyens, dont le nombre ne cesse d’augmenter, il y aura des résultats car le principal responsable est l’Etat central lequel ne supporte pas l’échec. Bien sûr une telle conception de la désignation par le sommet qui existait pourtant au cours des premières années de l’indépendance, avant l’adoption par l’assemblée nationale unique, dominée par un parti tout autant unique des codes qui subsistent encore aujourd’hui, présentait des signes d’efficacité car n’étant jamais contestés. Il se trouve néanmoins que les constitutions que nous avions connues au cours des cinquante dernières années ont consacré la représentation populaire à tous les échelons. On ne peut donc pas retourner en arrière mais on ne peut plus, non plus, se contenter d’une représentation fictive où le citoyen n’a pas son mot à dire. Il faut donc imaginer la jonction entre la participation citoyenne et le pluralisme partisan. Ce ne sera pas une mince affaire car il existera toujours ce risque de l’existence de foires d’empoigne dans les débats qui auront lieu au sein de ces assemblées élues mais fonctionnant autrement. La réforme attendue des codes de la commune et de la wilaya exige absolument une maitrise des sujets abordés et la présence d’experts pluridisciplinaires, lesquels donneront leurs avis éclairés pour que l’on n’accouche d’une souris d’une montagne de textes.
