Infanticides en Algérie :Un phénomène troublant pour la société algérienne

0
33

L’Algérie a été secouée, ces dernies mois, par plusieurs affaires tragiques impliquant des parents ayant tué leurs propres enfants. Ces actes choquants suscitent des interrogations profondes sur les causes psychologiques, sociales et économiques qui peuvent conduire à de telles extrémités. Bien que ces cas soient rares, leur impact sur la société est immense, amplifié par la médiatisation et l’indignation collective.

Le dernier en date est le crime qui a eu lieu le 11 décembre dernier, à Ghardaïa, concernant le père ayant assassiné ses quatre enfants mineurs, issus de sa première épouse dans la région d’Al-Atf.  Ce cas n’est pas isolé puisqu’il fait suite à d’autres crimes perpétués par les parents (mère ou père), ces derniers temps. Selon les services combinés (gendarmerie, et protection civile) qui se sont rendus sur le lieu de crime à Ghardaia, et ont trouvé  quatre corps d’enfants gravement brûlés, âgés de 4 à 11 ans, dans une fosse de canalisation d’eaux usées et dont la cause principale du décès est la strangulation à mains nues, suivie de brûlures avec un liquide inflammable et l’inhalation massive de fumée. Il y a quelques temps à Annaba un père de famille   avait majestueusement orchestré un incendie au foyer conjugale  laissant penser à un crime revanchard qui a provoqué le décès de trois personnes la femme et ses deux filles brulées vives. Le père jouant la victime n’a pas échappé à l’œil de la justice, une année après une enquête minutieuse il a eté prouvé être l’auteur du crime crapuleux  dont sont victimes les propres membre de sa famille. Il a été arrêté en attendant son jugement. Un autre crime à eu lieu il  ya une année à Annaba où un père de famille a tué sa femme et ses trois enfants pour des raisons inconnues en tentant de se suicider à son tour en se jetant du troisime étage, mais la mort pour lui n’était pas au rendez-vous. Il s’en est sorti avec de graves blessures. Dans une culture où la famille est sacrée, l’idée même qu’un parent puisse ôter la vie de son enfant est inconcevable. Ces drames provoquent un sentiment d’incompréhension et de colère dans la société. Les récits médiatiques de tels crimes révèlent souvent des circonstances complexes, à savoir, troubles mentaux, pressions économiques, conflits familiaux ou crises personnelles. En dépit de  la propagation timide de ce phénomène spécifique, les données officielles détaillées sur les incidents d’enfants tués par leurs parents en Algérie, ne sont pas aisément accessibles. Cependant, il est reconnu que la violence à l’encontre des enfants, y compris les violences physiques, sexuelles et psychologiques, est un problème mondial. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), environ un (01) milliard d’enfants âgés de 2 à 17 ans ont subi une forme de violence au cours de l’année écoulée. En Algérie, des efforts sont en cours pour protéger les enfants contre la violence et la maltraitance. Le ministère de l’Éducation nationale, par exemple, met en œuvre des programmes visant à sensibiliser et à protéger les enfants. Outre, les ministères de la Justice et de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la Femme qui sont entrain d’établir une stratégie nationale contre la violence à l’égard des femmes et la protection de l’enfant. A noter que l’enfance en Algérie compte le 1/3 de la population, soit 17 millions d’enfants, selon l’ONS (office national des statistiques). Ces drames qui ont provoqué une vague d’indignation publique et de questionnements sur les mesures à prendre pour éviter de tels actes, poussent les autorités compétentes à revoir l’armada de lois mise en vigueur, bien que promptes à condamner ces crimes, mais peinent à mettre en place des stratégies de prévention efficaces, comme le renforcement des structures de santé mentale pour un meilleur accès aux services psychiatriques et psychologiques pourrait aider à prévenir ces tragédies. Les campagnes de sensibilisation sur la parentalité, la gestion du stress et les signes de troubles mentaux sont cruciales pour soutenir les familles. Et aussi, encourager les voisins, les enseignants et les proches à signaler les signes de maltraitance ou de détresse chez les parents pourrait permettre des interventions précoces et protéger ainsi les enfants. Ces tragédies qui commencent à se multiplier dans notre société, révèlent une faille dans le tissu social. Elles ne doivent pas seulement être perçues comme des actes individuels, mais comme le symptôme d’un système qui n’offre pas suffisamment de soutien aux familles en détresse. Pour protéger les enfants, il est essentiel d’investir dans l’éducation, la santé mentale et les structures sociales. En Algérie, comme ailleurs, la protection de l’enfance est une responsabilité collective. En sensibilisant, en écoutant et en intervenant à temps, la société peut espérer réduire ces drames insoutenables.

Par Naima Allouche

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici