Le 7 janvier 2025, sous la houlette de Saïd Akhrouf, nouveau Wali de Skikda, s’est tenue une réunion cruciale visant à officialiser la mise en place de la commission wilayale pour le suivi du plan ARDEL. Ce programme, ambitieux et tourné vers l’avenir, s’attaque à un défi majeur : conjuguer préservation écologique et développement durable, en mettant en lumière un joyau régional, la zone humide de Guerbès-Sanhadja.
Cette rencontre, bien que riche en intentions, a mis en évidence une lacune essentielle : l’absence de consultation des experts associatifs spécialisés en durabilité et en médecine environnementale. Une omission qui, si elle persiste, pourrait compromettre l’ampleur des impacts positifs attendus. Étendue sur plus de 42 000 hectares, la zone de Guerbès-Sanhadja, véritable écrin naturel, constitue une mosaïque de biodiversité rare. Classée site Ramsar d’importance internationale, cette région abrite une richesse écologique où faune et flore coexistent en équilibre fragile. Les dunes côtières, les forêts, les marais et les plaines y dessinent un tableau unique. Pourtant, ce trésor est aujourd’hui sous la menace d’une pression humaine croissante. Déforestation, cultures anarchiques, extraction illégale de sable et pollution s’entrelacent pour fragiliser cet écosystème, qui exige une attention immédiate et soutenue.
Un Plan Audacieux, mais un Dialogue à Renforcer
Le plan ARDEL, acronyme pour Aménagement Régional Durable et Écologique Local, repose sur des bases prometteuses : Protéger les écosystèmes sensibles pour assurer leur résilience ; Stimuler l’économie locale grâce à un tourisme écologique bien encadré ; Associer les collectivités locales à la gestion participative pour garantir une gouvernance inclusive. Cependant, comme l’ont souligné certains observateurs, le succès de ce plan dépendra de l’inclusion effective d’experts de terrain. L’expérience montre que les approches exclusivement technocratiques peuvent manquer la profondeur nécessaire à une gestion harmonieuse des conflits entre conservation et développement. Transformer Guerbès-Sanhadja en une destination de choix pour les amateurs de nature est une ambition noble, mais non sans défis. Pour que ce projet devienne réalité, des garde-fous doivent être érigés : Former les acteurs locaux : guides, artisans et entrepreneurs doivent être outillés pour intégrer les principes de durabilité : Préserver la capacité d’accueil : éviter le tourisme de masse, destructeur par essence ; Créer une infrastructure écologique : des aménagements légers et compatibles avec les caractéristiques naturelles du site. Les associations environnementales et les experts en médecine de l’environnement, absents lors de cette rencontre, détiennent des clés essentielles.
Par Mohamed Tahar Aissani
