Du désert à l’abondance:
L’Algérie diversifie son économie avec des projets agricoles ambitieux

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Par Kheireddine Boukhalfa…/…

Au cœur du Sahara algérien, une révolution agricole silencieuse est en marche. Les vastes étendues désertiques, longtemps considérées comme des terres stériles, se métamorphosent progressivement en terres cultivables grâce à des projets agricoles ambitieux. Cette transformation s’inscrit dans la volonté de l’Algérie de renforcer sa souveraineté alimentaire et de diversifier son économie au-delà des hydrocarbures.

En effet, après le succès prometteur du méga-projet céréalier de Timimoun, estimée à 450 millions d’euros, c’est désormais la culture de la canne à sucre qui s’apprête à prendre racine dans la wilaya d’El Ménéa avec la participation de la partie Italienne. Ainsi, une superficie de 50.000 hectares a été réservée pour accueillir ce projet d’envergure, témoignant de l’importance accordée par l’Algérie au développement de la production de matières premières. Si ce projet se distingue par son ampleur, il ne représente qu’un volet d’un programme ambitieux visant à exploiter les vastes potentialités agricoles du Grand Sud, en particulier dans la région d’El Ménéa. Cette zone attire de plus en plus d’investisseurs locaux et étrangers, séduits par ses atouts exceptionnels. D’ailleurs, dernièrement, une réunion s’est tenue au niveau de la wilaya d’El Ménéa pour discuter de ce projet stratégique destiné à renforcer la filière sucrière en Algérie, actuellement dépendante du marché international. Selon la Direction de l’agriculture de la wilaya, le projet bénéficie du soutien du programme « couloir vert » mis en place par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural. Les autorités locales, dont le wali d’El Ménéa, ont reçu les promoteurs du projet pour examiner sa mise en œuvre et les opportunités qu’il offre à la région. Youcef Mesbah, responsable local, a souligné les nombreuses facilitations accordées aux investisseurs dans le Sud du pays. En plus de la canne à sucre, le développement de la betterave sucrière fait également partie des priorités. Omar Rebrad, représentant du groupe Cevital, a participé à la rencontre. Cevital, qui exploite déjà une raffinerie de sucre d’une capacité annuelle de 900.000 tonnes, s’engage à développer la culture de la betterave sucrière dans les wilayas d’El Ménéa, Ouargla et Ghardaïa, dans le but de produire un sucre 100 % algérien. D’ailleurs, lors de cette réunion, des directives ont été données pour accélérer le démarrage de ce projet stratégique. D’autres acteurs économiques s’impliquent également dans cette filière, notamment la société Tafadis, filiale de Madar Holding, qui a lancé des initiatives similaires à Ouargla et Touggourt sur une superficie dépassant 20 000 hectares. Ainsi, face à la croissance rapide des besoins de l’industrie de transformation en Algérie, le gouvernement oriente ses efforts vers l’investissement dans la production de matières premières. Céréales, légumineuses, tournesol, betterave sucrière et lait cru figurent parmi les priorités du ministère de l’Agriculture. Plusieurs projets, portés par des acteurs nationaux et étrangers (notamment saoudiens, qataris, italiens, turcs et chinois), se concentrent sur des régions clés comme Ouargla, Touggourt, El Ménéa, Biskra, Adrar et Timimoun. Cette dynamique s’inscrit dans la politique générale du gouvernement, qui vise à garantir la sécurité alimentaire et à positionner l’agriculture comme un levier essentiel de l’économie nationale. Parmi les projets phares figurent un investissement de 3 milliards de dollars en partenariat avec le groupe qatari Baladna dans le sud-ouest du pays, ainsi qu’un projet majeur mené par le groupe italien BF à Timimoun.

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