L’Union parlementaire arabe (UPA) a vivement condamné le récent communiqué du Parlement européen concernant l’Algérie. Qualifié de « grave ingérence dans les affaires intérieures » et de « violation flagrante de sa souveraineté et de l’indépendance de son appareil judiciaire », ce communiqué a déclenché une réaction ferme et unanime du monde arabe.
Dans une déclaration officielle signée par Ibrahim Boughali, président de l’UPA et également président de l’Assemblée populaire nationale algérienne, l’organisation a dénoncé cette démarche comme un affront aux principes des conventions internationales, qui stipulent le respect de la souveraineté des États et l’interdiction de toute ingérence extérieure, quelle qu’en soit la justification. L’UPA a exprimé son soutien sans réserve à l’Algérie, affirmant que le pays repose sur des institutions constitutionnelles solides et un appareil judiciaire indépendant, garantissant les droits et libertés conformément aux normes juridiques et humaines. L’organisation a également appelé le Parlement européen à cesser d’utiliser les droits de l’homme comme prétexte pour intervenir dans les affaires des nations souveraines. Elle a insisté sur la nécessité de promouvoir la paix et la stabilité internationales au lieu d’adopter des positions risquant de semer la discorde entre les nations.
L’indignation du Parlement arabe
De son côté, le Parlement arabe a également condamné avec vigueur le communiqué du Parlement européen. Il a dénoncé cette initiative comme une ingérence inacceptable et a exhorté à respecter la souveraineté de l’Algérie et les décisions de son système judiciaire. « Ces pratiques constituent une violation flagrante des conventions internationales », a déclaré l’institution dans un communiqué officiel. Le Parlement arabe a également critiqué les doubles standards du Parlement européen, soulignant son silence face aux violations massives des droits de l’homme en Palestine, où une guerre d’extermination est menée contre le peuple palestinien sous les yeux du monde. « Pourquoi ce silence complice ? » s’interroge le communiqué, pointant du doigt le manque de cohérence et l’hypocrisie des positions européennes. En réponse aux pressions exercées, notamment en ce qui concerne l’affaire de l’écrivain Boualem Sansal, arrêté en novembre dernier, l’UPA et le Parlement arabe ont insisté sur la nécessité de ne pas politiser les dossiers des droits de l’homme. Le Parlement européen avait adopté à une large majorité une résolution appelant à la libération de Sansal et d’autres opposants, une démarche perçue comme une tentative de déstabilisation. 533 députés européens ont soutenu ce texte, qui exige également la libération des journalistes, militants politiques et défenseurs des droits de l’homme prétendument emprisonnés pour leurs opinions. Cependant, cette résolution a été perçue par l’Algérie et ses alliés arabes comme une ingérence injustifiée et une tentative d’imposer une tutelle morale sur les pays du Sud. Les institutions arabes ont réaffirmé que l’Algérie reste fidèle à ses principes nationaux et continue de bâtir son avenir sur la base de lois et d’institutions constitutionnelles indépendantes. Ce message fort souligne la volonté des pays arabes de défendre leur souveraineté face aux critiques, tout en dénonçant l’instrumentalisation des droits de l’homme comme levier de pression politique. Dans un contexte de tensions croissantes, cette riposte des institutions arabes témoigne d’un front uni face à ce qui est perçu comme une tentative de subordonner la souveraineté nationale à des agendas extérieurs. « Le Parlement européen n’est pas en position de donner des leçons à l’Algérie », conclut le communiqué, appelant au respect mutuel entre les nations et à l’abandon des pratiques colonialistes d’un autre âge.
Par Mohamed Tahar Aissani
