Il fallait s’y attendre ! Marine Le Pen, en perte de vitesse et à court d’idées, ressort son disque rayé de la haine anti-algérienne pour électriser son public en manque de frissons nationalistes. Dans son dernier one-man-show politique, elle s’est surpassée, allant jusqu’à promettre, la main sur le cœur, de priver les Algériens de visas et de bloquer les transferts d’argent. Mais oui, bien sûr, tremblez Algériens ! Mère Le Pen veille au grain !
Depuis des décennies, la recette est la même : quand Marine Le Pen veut séduire son électorat nostalgique d’un empire colonial révolu, elle agite le spectre de l’Algérie. Hier, c’était la menace migratoire, aujourd’hui, c’est le tour de vis économique, et demain, pourquoi pas une croisade pour reconquérir Alger ? Dans une interview accordée à LCI, la présidente du Rassemblement National a déclamé, avec son aplomb habituel, que si elle arrivait à l’Élysée (hypothèse qui donnerait des sueurs froides aux amateurs de démocratie), elle suspendrait les transferts de fonds vers l’Algérie et fermerait les vannes des visas, y compris pour les officiels algériens. On en tremblerait presque… si seulement on ne savait pas que ce discours populiste n’est qu’un outil éculé pour ratisser large auprès des nostalgiques de la Françafrique. Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, Marine Le Pen s’est aussi prise pour une historienne – certes, une historienne dotée d’une mémoire sélective – en osant déclarer que la colonisation française en Algérie n’était pas une « tragédie ». Eh oui, selon cette grande penseuse du dimanche, la France a, semble-t-il, fait cadeau aux Algériens d’hôpitaux et de routes. Parce qu’évidemment, personne ne se souvient des massacres, de l’exploitation et des pillages. Mais allez, ne chipotons pas, hein ? Elle a même osé demander, d’un ton faussement compatissant : « Que font les Algériens de leur indépendance ? Ils fuient leur pays et viennent en France. C’est la preuve de l’échec de leurs dirigeants ». Ah, Marine, toujours cette capacité à transformer les complexités économiques et politiques en punchlines de café du commerce ! C’est bien connu, les guerres de déstabilisation orchestrées par les puissances occidentales, les ingérences et les politiques néocoloniales n’ont absolument rien à voir avec l’état du monde actuel. Absolument rien. À bien y réfléchir, cette escalade verbale n’a rien de surprenant. À l’approche de 2027, Marine Le Pen doit entretenir la flamme chez ses fans, histoire qu’ils ne se lassent pas. Il faut bien leur servir un ennemi imaginaire sur un plateau doré. Et quoi de mieux que l’Algérie, cette cible facile et classique des discours ultra-nationalistes français ? Alors, faut-il vraiment s’inquiéter de ces gesticulations politiques ? Ou bien faut-il simplement les ranger dans la catégorie des discours populistes sans lendemain, fabriqués sur mesure pour les estrades électorales ? Une chose est sûre : l’histoire, elle, a la mémoire longue. Et l’Algérie n’a pas oublié.
Par Mohamed Tahar Aissani
