À l’occasion de la Journée mondiale des zones humides, célébrée chaque année le 2 février, la wilaya d’Annaba s’est mobilisée pour mettre en lumière l’importance de ces écosystèmes essentiels.
Sous le slogan « Protéger les zones humides pour notre avenir commun », un programme riche en activités a été organisé, hier, sur le site de la zone humide El Rim, en présence des représentants des autorités locales, d’experts, d’universitaires et d’acteurs engagés dans la préservation de l’environnement. L’événement a été supervisé par le secrétaire général par intérim de la wilaya, représentant le wali d’Annaba, Abdelkader Djellaoui. À cette occasion, le conservateur des forêts de la wilaya a présenté un exposé détaillé sur la richesse écologique des zones humides locales, qui comptent 13 sites répertoriés, dont le plus vaste est lac de Fezzara. Des universitaires de l’Université Badji Mokhtar d’Annaba ont partagé des recherches sur les espèces végétales caractéristiques des zones humides de la région, ainsi que sur les oiseaux migrateurs qui y trouvent refuge chaque année pour nidifier et se reproduire. Parallèlement, des chercheurs du Centre de recherche en environnement ont présenté des études en cours visant à garantir la pérennité de ces écosystèmes, notamment un projet innovant d’approvisionnement en eau renouvelable pour la zone humide El Rim durant la saison estivale, ainsi que des initiatives visant à valoriser les plantes locales, en particulier dans la région d’Edough.
Des initiatives locales pour la protection des zones humides
Les actions menées à Annaba s’inscrivent dans une mobilisation plus large à l’échelle nationale et internationale pour la préservation des zones humides, qui jouent un rôle clé dans l’équilibre écologique. Ces milieux, qu’ils soient côtiers, lacustres ou marécageux, assurent de multiples fonctions environnementales. Elles participent à la régulation du climat en stockant du carbone et contribuent ainsi à la lutte contre le réchauffement climatique. Elles filtrent également les polluants et purifient l’eau, réduisent les risques d’inondation en absorbant l’excès d’eau et servent d’habitat à de nombreuses espèces animales et végétales. Il est à noter que l’Algérie, consciente de l’importance de ces écosystèmes, a ratifié en 1982 la Convention de Ramsar, un traité international adopté en 1971 qui vise à la conservation et à l’utilisation rationnelle des zones humides. Aujourd’hui, le pays compte 50 sites classés d’importance internationale, ce qui témoigne de l’engagement national pour leur préservation. Malgré leur importance, les zones humides subissent de multiples pressions liées à l’urbanisation, à la pollution, à la surexploitation des ressources en eau et aux effets du changement climatique. Ces menaces fragilisent ces milieux et compromettent les services écologiques qu’ils fournissent. Face à cette situation, les autorités algériennes et les acteurs locaux intensifient leurs efforts en faveur d’une gestion durable. La célébration de la Journée mondiale des zones humides est une opportunité précieuse pour sensibiliser le public et promouvoir des actions concrètes en faveur de leur protection. Dans le cadre de cette journée, plusieurs initiatives ont été mises en place à travers le pays. Des conférences et tables rondes ont permis d’aborder l’importance des zones humides et les stratégies de conservation, tandis que des expositions et sorties de terrain ont offert l’occasion de mieux connaître ces milieux fragiles. Des formations spécialisées ont également été organisées sur le suivi des oiseaux d’eau et les techniques de recensement de la biodiversité, et des concours de dessin et de photographie ont sensibilisé les jeunes générations à la beauté et à la richesse de ces écosystèmes. La préservation des zones humides est un enjeu majeur pour la planète et pour les générations futures. À travers les initiatives menées à Annaba et dans tout le pays, l’Algérie réaffirme son engagement en faveur d’un développement durable respectueux de la nature. Protéger les zones humides, c’est protéger notre avenir.
Par Naima Allouche
