Le temps des palabres est terminé. Il ne s’agit plus de camper sur ses positions, cela n’avance en rien. Chaque jour qui passe il ya de l’électricité dans l’air entre la France et l’Algérie. Voila un ministre de l’intérieur qui s’occupe des affaires du Quai D’Orsay sans que le ministre des affaires étrangères ou l’Elysée ne réagissent à cette intrusion incroyable d’un subalterne n’ayant aucune compétence dans tout ce qui touche les affaires extérieures de la France.
La France est–elle en train de pousser à la rupture avec l’Algérie ? Tout semble le laisser croire même si une partie de la classe politique de ce pays, en l’occurrence la gauche dans sa diversité idéologique, le centre gauche et une partie du centre droit est vent debout contre cette attaque en règle contre l’Algérie. Des personnalités remarquables tels que Dominique de Villepin, Jean Pierre Chevènement, Ségolène Royal et Jean Pierre Raffarin ne cessent de mettre en garde contre cette dérive droitière de la France qui rejoint les thèses fascistes exprimées par le rassemblement national. Rompre avec l’Algérie ne nuirait certainement pas à ce pays comme semble le penser les Rotaillau et consorts mais plutôt à la France car il faut imaginer ce que ressemblerait cette France sans aucun lien avec l’Algérie. Non seulement elle perdrait toute influence au Sahel dont la montée du terrorisme est de plus en plus palpable et qui sans l’Algérie et ses services de renseignements représenterait un danger potentiel pour les pays voisins comme le Burkina Faso, la Cote d’Ivoire et la Centrafrique amenant ainsi les populations concernées à fuir les zones de combat imposées par AQMI, Daech ou Boko Haram. Il est évident que l‘Algérie fermera ses frontières hermétiquement et laissera le chaos s’installer dans cette partie subsaharienne et de l’Afrique de l’ouest. Il ne s’écoulera pas beaucoup de temps avant qu’un afflux de réfugiés africains fuyant ces zones de combat ne tente par tous les moyens de vouloir traverser la mer pour rejoindre la rive européenne et particulièrement la France. Qui sera alors capable d’arrêter ce flux migratoire demandant l’asile politique? Ce ne sera ni l’Algérie, ni la Tunisie, encore moins la Libye et même pas le Maroc. La France sera-t-elle tentée de faire un remake du genre opération «Barkane» où elle se trouvera confrontée à des groupes armés aguerris et déterminés sans qu’elle ne puisse bénéficier de renseignements adéquats ? Comme on dit chat échaudé craint l’eau froide et le Sahel deviendra un réservoir puissant de groupes armés mettant en péril la sécurité intérieure de la France. Ceci en ce qui concerne la carte terroriste il y a cependant plus à perdre en rompant tout lien avec l’Algérie. Bien sur les autorités françaises vont tout faire pour expulser les clandestins algériens mais l’Algérie ne leur facilitera pas la tache. Elle exigera toujours le préalable du laisser passer consulaire pour embarquer dans les avions d’Air Algérie, ce que conteste le ministère français de l’intérieur ; Mais que pourra t-il faire sinon incarcérer les clandestins algériens dans les centres de rétention, sans procès d’aucune sorte. Cela deviendra une question de droit de l’homme et la France sera obligée de gérer ces clandestins autrement que les incarcérer en toute illégalité. L’Algérie a toute latitude de mettre les bâtons dans les roues de la France sans qu’elle n’en pâtisse. Reste la présence de quatre ou cinq millions de franco-algériens sur le sol de France. Va-t-on les expulser après les avoir au préalable déchu de leur nationalité française. Si la France agit de la sorte elle se mettra indéniablement en retrait du droit européen et de la communauté internationale.
