Le ministre de l’Hydraulique, Taha Derbal, a annoncé ce lundi des ajustements majeurs dans la distribution de l’eau potable à l’occasion du mois de Ramadan. Cette mesure vise à répondre aux besoins spécifiques des citoyens durant cette période particulière, en augmentant notamment la durée de l’approvisionnement quotidien.
Intervenant lors d’un forum organisé par la radio algérienne, Derbal a précisé que les abonnés qui bénéficiaient jusque-là de huit heures de distribution d’eau potable par jour verront cette durée passer à dix heures. En parallèle, les plages horaires de pompage seront ajustées afin de coïncider avec les moments de forte consommation, assurant ainsi un meilleur confort aux citoyens. Au-delà des ajustements conjoncturels, cette annonce s’inscrit dans une vision plus large de la stratégie nationale de sécurité hydrique. En effet, Derbal a souligné la nécessité d’améliorer en permanence le service public de l’eau, afin de satisfaire les attentes des citoyens tout au long de l’année, et non seulement en période de forte demande. Toutefois, la situation actuelle présente des défis de taille. Selon le ministre, le taux de remplissage des barrages à l’échelle nationale atteint à peine 38,40 %, un chiffre qui souligne l’urgence de planifier de nouveaux projets pour garantir l’approvisionnement en eau à long terme. Cette pression sur les ressources hydriques implique une diversification des solutions, notamment par le recours à des technologies alternatives.
Les usines de dessalement : un levier d’avenir
Dans cette optique, le ministre a confirmé l’entrée en service imminente des stations de dessalement de l’eau de mer de Tarf et Boumerdès. Ces infrastructures s’ajoutent à une stratégie globale visant à développer cinq nouvelles stations destinées à approvisionner en eau les régions côtières et intérieures, sur une distance de 150 km le long du littoral. Le renforcement de ces infrastructures de dessalement s’inscrit pleinement dans la politique nationale de sécurité hydrique, qui repose sur la diversification des sources d’eau. Face aux aléas climatiques et à la croissance démographique, l’Algérie mise sur une approche combinant à la fois la mobilisation des ressources naturelles et l’exploitation des technologies de dessalement pour assurer un approvisionnement durable et stable. L’enjeu de la sécurité hydrique ne se limite pas à l’eau potable. Il concerne également les besoins agricoles et industriels, ce qui nécessite une planification globale et anticipative. Dans ce contexte, l’accent est mis sur des solutions durables intégrant à la fois l’optimisation des infrastructures existantes, le développement de nouvelles sources d’approvisionnement et l’amélioration de l’efficacité dans la distribution et la consommation de l’eau. Ainsi, la décision d’élargir l’accès à l’eau pendant le Ramadan illustre une volonté politique plus vaste : celle de garantir un accès équitable et sécurisé à cette ressource vitale. Cependant, face aux défis climatiques et aux contraintes hydriques, cette stratégie devra s’accompagner d’efforts continus pour optimiser la gestion des ressources et garantir la résilience du pays en matière de sécurité hydrique.
Par Mohamed Tahar Aissani
