Après une période de tensions marquées par des désaccords sur la question du Sahara occidentale, l’Algérie et l’Espagne semblent amorcer un réchauffement diplomatique.
Cependant, malgré cette reprise du dialogue, la coopération économique entre les deux pays peine à retrouver son dynamisme d’antan. Depuis 2022, les relations entre Alger et Madrid ont été mises à rude épreuve après le revirement de l’Espagne sur la question sahraouie, soutenant le plan marocain d’autonomie pour le territoire du Sahara occidentale dont son peuple réclame son indépendance via son mouvement politique et armé Polisario. En réponse, l’Algérie avait suspendu son traité d’amitié avec l’Espagne et gelé une grande partie des échanges commerciaux bilatéraux. Si les récentes discussions diplomatiques laissent entrevoir un retour progressif à une entente politique, les aspects économiques restent en marge de ce rapprochement. Historiquement, l’Algérie et l’Espagne ont entretenu un partenariat économique stratégique, notamment dans le domaine de l’énergie. L’Algérie a longtemps été l’un des principaux fournisseurs de gaz naturel pour l’Espagne, avec des infrastructures clés comme le gazoduc Medgaz reliant directement les deux pays. En plus du secteur énergétique, des entreprises espagnoles étaient fortement impliquées dans les domaines de la construction, des infrastructures et des biens de consommation. Des accords bilatéraux avaient facilité ces échanges et favorisé une relation mutuellement bénéfique. Cependant, les entreprises espagnoles, autrefois bien implantées en Algérie, font toujours face à des restrictions commerciales, notamment dans les secteurs de l’énergie et de la construction. L’Algérie, fournisseur majeur de gaz pour l’Espagne, n’a pas encore manifesté son intention de rétablir les facilités commerciales d’avant crise, préférant renforcer ses partenariats avec d’autres acteurs européens comme l’Italie. De son côté, l’Espagne, soucieuse de sécuriser son approvisionnement énergétique et de préserver ses intérêts économiques, espère un assouplissement des restrictions imposées par Alger. Toutefois, aucun engagement concret n’a été annoncé, laissant planer le doute sur une normalisation économique complète. Ainsi, bien que la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays constitue un pas vers une stabilisation politique, la coopération économique demeure un enjeu en suspens. L’avenir de cette relation dépendra des prochaines négociations et de la volonté des deux gouvernements à dépasser leurs différends pour retrouver une synergie mutuellement bénéfique.
Par Naima Allouche
