Est –ce la formule «qui ne dit mot consent » ou « laisser le temps faire son œuvre» qui s’impose au président français depuis un certain temps alors que le ministre de l’intérieur ne cesse de s’égosiller appuyé dans sa démarche incendiaire concernant l’Algérie par François Bayrou qui en a ajouté une lors de son passage au salon de l’agriculture.
A Alger on scrute avec la plus grande attention tout ce qui peut sortir de l’Elysée. On ne fait plus cas de Matignon devenu un espace réservé à tous ceux qui sont partisans de ce qu’ils appellent un langage fort envers l’Algérie. La plus haute autorité de l’Etat algérien, en l’occurrence le président Tebboune, a déjà donné son avis sur les sujets qui fâchent la France et dont l’Algérie n’a absolument rien à voir. Lors de l’entretien qu’il a accordé au journal français «l’opinion», le chef de l’Etat algérien a parlé de ces clandestins qui n’ont pas reçu de visa et qui veulent tenter leur chance en France. Ces gens là, a expliqué le président, sont sortis du territoire national en toute illégalité. Arrivés en France ils savaient à quoi s’exposer. C’est à la France de trouver la solution adéquate concernant ces clandestins que l’Algérie n’a pas répertoriés comme tels puisqu’ils voyagent avec aucun papier. Comment savoir avec précision s’ils sont Algériens, tunisiens ou marocains car tous parlent la même langue et présentent un profil commun de maghrébins. Ils sont à la merci de la France et l’Algérie ne lèvera pas le petit doigt pour eux car en définitive ils savaient ce à quoi ils s’exposaient une fois sortis de leur pays. C’est donc pour le président Tebboune un problème français dont l’Algérie n’a rien à voir sur le plan légal. Cette appréciation émanant de la plus haute autorité algérienne dérange au plus haut point le ministre de l’intérieur qui sait, au fond de lui, que du point de vue de la réglementation et du droit l’Algérie a raison de refuser d’accorder un laissez passer consulaire à un individu autoproclamé algérien arrivé clandestinement en France grâce à un réseau de passeurs et traversant les frontières séparant la France soit de l’Italie soit de l’Espagne. La question qu’il faut poser est celle –ci : Est –ce qu’on fait un tel tintamarre lorsqu’il s’agit d’un clandestin marocain lequel est labélisé QQTF. Ressent –on autant de dépit quand les consulats marocains demandés refusent de donner un laissez passer consulaire? Le cas s’est présenté autant de fois qu’avec l’Algérie et pourtant le Maroc n’est pas accusé de vouloir «humilier la France» dixit Rotaillau. Il en est de même pour ces dizaine de milliers de migrants du sahel ou de l’ouest de l’Afrique qui sont installés en France sans être labélisés QQTF et pourtant il n’ ya pas plus clandestins que ces migrants? De même ceux dont l’origine est de l’extrême orient. Pourquoi s’acharne t-on spécialement sur l’Algérie? La réponse à une telle question ne sera certainement pas à l’avantage de la France car elle ne pourra pas expliquer ce deux poids deux mesures ou cette discrimination dont le lien est d’ordre mémoriel. C’est peut être pour ce tas de raisons que le président français qui s’est exprimé uniquement sur l’arrestation de Boualem Sansal n’a plus dit un mot sur l’état exacerbé des relations entre son pays et l’Algérie. Tebboune attend quant à lui Macron au tournant. On verra ce qu’il en sortira.
