La souveraineté pharmaceutique de l’Algérie connaît une progression significative. Selon les déclarations faites ce jeudi par le ministre délégué chargé de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, la production nationale de médicaments couvre désormais 76% des besoins du pays. Cette avancée considérable témoigne des efforts soutenus par l’État algérien pour développer son industrie pharmaceutique locale et réduire sa dépendance aux importations dans un secteur stratégique pour la santé publique et l’économie nationale. En effet, lors de sa tournée dans plusieurs entreprises du secteur pharmaceutique à Mostaganem et Oran, le ministre a souligné les avancées significatives enregistrées par la production nationale dans cette industrie. Il a également mis en avant les efforts continus des entreprises pour renforcer les capacités de fabrication de médicaments en Algérie. Au cours de cette visite, M. Kouidri a procédé à l’inauguration d’une unité dédiée à la production de protoxyde d’azote, un gaz médical essentiel en anesthésie. Cette installation est rattachée à l’usine « Ryanox », spécialisée dans la production de gaz médicaux et industriels, située à Bethioua.Le ministre a salué le développement rapide de cette entreprise, qui, après avoir lancé sa production en 2021, exporte déjà vers neuf pays en Afrique et en Europe. Il a également souligné son ambition d’étendre ses exportations à d’autres marchés européens et américains. Par ailleurs, M. Kouidri a supervisé l’inauguration d’une unité de lyophilisation stérile au sein de l’entreprise pharmaceutique « Sophal ». Il a insisté sur le caractère inédit de ce projet, qui constitue une première au niveau national. Durant la même visite, le ministre a exigé que le groupe Saidal mette en service ses deux nouvelles unités de production de médicaments ophtalmiques et vétérinaires à Mostaganem avant la fin de l’année 2025, tout en ordonnant à l’entreprise en charge de la construction d’accélérer le rythme des travaux pour livrer l’infrastructure avant la fin du mois de juin. Parallèlement, il a demandé à Saidal de veiller à ce que ces unités soient pleinement opérationnelles avant le terme de l’année en cours. À cette occasion, le ministre a reçu l’assurance que la production débutera au premier trimestre de 2026. Ces nouvelles unités permettront de réduire considérablement la facture d’importation des médicaments ophtalmiques et vétérinaires, qui s’élèvent actuellement à plus de 200 et 230 millions de dollars par an, respectivement. Les travaux des infrastructures devant accueillir ces unités affichent un taux d’avancement de 45 %, tandis que ceux du pavillon administratif ont dépassé les 60 %, selon les responsables du projet. Dans ce sillage, M. Kouidri a réaffirmé l’ambition de Saidal de s’imposer comme un acteur majeur de la production pharmaceutique sur le continent africain. Il a également souligné que Mostaganem, en voie de devenir un pôle national de l’industrie pharmaceutique, bénéficiera prochainement d’une troisième unité industrielle. Le nouveau complexe de Saidal disposera d’une capacité de production annuelle de 11 millions d’unités de médicaments ophtalmiques et de 5 millions d’unités de médicaments vétérinaires. Ce projet représente un investissement public de 2,204 milliards de dinars et permettra la création d’environ 120 emplois directs dès sa mise en service.
Par Kheireddine Boukhalfa
