Célébration du 19 mars à Mila 66 ans après le martyr Sayoud Mokhtar enterré

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Le programme de célébration de la date historique du 19 Mars (date du Cessez-le-feu), à Mila, a comporté, cette année, un événement qui restera dans la mémoire pour de longues années.

Un événement qui a drainé des milliers de citoyens et suscité de vives émotions pour son lien avec la Glorieuse Révolution d’indépendance. Cet événement a consisté en l’inhumation des reliques du corps du chahid Sayoud Mokhtar, mort pendant la guerre de libération, mais son corps n’a été retrouvé qu’en ce mois de mars, par des spéléologues qui était en randonnée dans les montagnes de la commune de Chigara, au nord de Mila. En effet, la wilaya de Mila a vécu, ce mercredi, un 19 mars pas comme les autres. Toute la manifestation de célébration s’est bornée à l’enterrement du corps du chahid Sayoud Mokhtar, découvert tout récemment dans une casemate de la localité de Bouachera, dans la commune de Chigara. Il a été inhumé soixante-six ans après son décès. Le martyr est tombé au champ de bataille, lors d’un accrochage avec l’ennemi, dans les montagnes de Bouachera. Il est décédé le 27 décembre 1959. Mais son corps n’a été découvert que le 6 mars dernier et enterré ce mercredi 19 mars, lors de funérailles officielles grandioses organisées en son honneur  par la wilaya de Mila, la direction et l’Organisation des Moudjahidine, en collaboration avec les représentants de la famille révolutionnaires et le club des spéléologues de Constantine, qui a été à l’origine de cette découverte. Les funérailles officielles du feu Mokhtar Sayoud (1918-1959) ont drainé des milliers de personnes des quatre coins de la wilaya, venus faire un dernier adieu à l’un des héros de l’Algérie et jeté un regard sur les armes, les munitions et les objets, notamment un journal rédigé à la plume, retrouvé près de lui dans la casemate, au moment de sa découverte, le 6 mars dernier, par hasard, par des spéléologues de Constantine et de Bejaïa, qui étaient  dans cette région montagneuse du nord de la wilaya de Mila. Selon le fils ainé du chahid, Hocine Sayoud, le martyr a été gazé, avec beaucoup de ses compagnons d’armes, alors qu’ils s’étaient retranchés dans la grotte de Bouachera pendant un accrochage avec des militaires français. Dans une déclaration à la presse, le fils ainé du chahid dira : « Mon père était en compagnie de 57 autres moudjahid dans la grotte. Ils étaient entrés en accrochage avec l’ennemi, qui n’a pas pu obtenir leur reddition et fut contraint de gazer la casemate de Bouachera. Certains des compagnons de mon père ont quitté leur retranchement rocheux et furent capturés, d’autres ont réussi à prendre la fuite. Mon père seul est resté dans la casemate et y est mort ». Lorsque, le jeudi, 6 mars dernier, les spéléologues du club de Constantine de Spéléologie et des Activités de montagnes et leurs homologues de la wilaya de Bejaia, sont arrivés à l’intérieur de la casemate, à plus de mille mètres d’altitude, ils ont retrouvé des restes humains, un fusil de chasse rouillé, une cartouchière, un couteau, un bracelet montre, un petit miroir circulaire et un peigne à cheveux, ainsi que des feuilles de papiers rédigées en langue arabe, espèce de journal de guerre et six pièces de monnaies de l’époque. Le président de ce club de spéléologie, Chatti Amine, indique qu’il a tout de suite alerté les autorités civiles et militaires de la wilaya. Puis, les spéléologues ont participé à sortir la dépouille mortelle de l’intérieur de cet abri rocheux. Les analyses de l’ADN ont démontré que ces reliques étaient ceux du chahid Mokhtar Sayoud. Le martyr a laissé quatre filles et deux garçons : Daouya, Rbiha, Zahia, El Bahdja, Hocine et Douadi. La fille Ainée du chahid, Sayoud El Bahdja, nous dira : « Je connais mon père. Quand il venait à la maison, il nous demandait de faire attention à nous. Mon père aimait manger la galette que je préparais. » El Bahdja indique, d’autre part, que c’était un certain Omara Bouzid qui avait vendu la casemate. « C’est Bouzid Omara qui a indiqué la casemate à l’armée française ». Mais ce Bouzid n’était pas un indicateur comme on pourrait le croire. Le fils ainé du chahid Sayoud Mokhtar confirme le nom de la personne qui avait vendu la casemate au français, mais précise que ce Bouzid-là avait perdu la raison à force d’être torturé, et était devenu fou. « Le père de ce Bouzid et son frère étaient dans la casemate ce jour-là. Bouzid était malade, pas un indic, affirme-t-il, en révélant, qu’il avait tout de suite reconnu le fusil de son père lorsqu’il l’avait revu. « Ce fusil de chasse à deux canons, je l’ai vu à chaque fois que mon père rentrait du maquis. J’ai reconnu aussi la montre qu’il portait au poignet et son couteau. »  Les autres enfants du Chahid, Daouya, Zahia, Rbiha et Douadi, étaient encore enfants au moment de sa mort au champ de bataille et ne se souvenaient presque de rien. Rbiha avait 3 mois, Daouya, 2 ans et Zahia 4 ans, à ce moment-là. Lors des funérailles, le directeur de l’Orgaisation Nationale des Moudjahidine (ONM) Hocine Hadef, nous a indiqué que Sayoud Mokhtar avait rejoint le maquis en 1955. Il a participé à des batailles contre l’ennemi et est mort le 27 décembre 1959, les armes à la main. » Le wali, Mustapha Koreich a, dans une allocution lue par le directeur des Moudjahidine, salué l’âme du feu chahid et rendu un vibrant hommage aux femmes et aux hommes de la glorieuse révolution de Novembre et promis d’organiser, en collaboration avec le club des spéléologues de Constantine, de nouvelles explorations des grottes de la région après le ramadhan.

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