Le ministre français des affaires étrangères est à Alger depuis hier. Des deux cotés de la Méditerranée on pousse un ouf de soulagement et on se dit il vaut mieux tard que jamais. En France cette visite à Alger ne fait pas que des heureux. Il y a Bruno Rétaillau qui ne la mène pas large même s’il fait semblant de sauver les meubles en disant que sa personne refusée par Alger prouve qu’il est «la bête noire» du gouvernement algérien.
Ce qui est totalement absurde car du point de vue algérien le dialogue franco –algérien aurait du être réétabli beaucoup plus tôt si le ministre français de l’intérieur n’avait pas manifesté autant d’hostilité envers l’Algérie, parlant d’humiliation et de comportement hostile des autorités algériennes envers la France. En réalité Bruno Rétaillau s’est révélé être un puissant frein à cette reprise du dialogue qui intervient malgré tout grâce à la volonté des présidents Tebboune et Macron qui s’étant entretenus longuement à distance ont pris la sage décision d’en finir avec tous les quiproquos qui existaient, qui existent encore et qui seraient susceptibles d’exister. Une feuille de route est désormais tracée. Les deux ministres des affaires étrangères qui se parleront face à face en mettant tout sur la table n’ont d’autre choix que d’atteindre les objectifs tracés par cette feuille de route. Il y aura certainement de part et d’autre des compromis. Jean Noel Barrot et Ahmed Attaf ont, pour chacun d’eux, reçu les consignes de leurs présidents et ces consignes sont claires : Pas de vagues ! On sait que ce qui se discute n’est pas simple. En fait il ne l’a jamais été sérieusement car on se contentait de faire du replâtrage alors qu’il fallait discuter des questions fâcheuses. Pour la France c’est l’immigration, pour l’Algérie c’est la question mémorielle. En ce qui concerne l’immigration (l’émigration pour l’Algérie), sans toucher au symbole que représente l’accord de 1968 dont les deux présidents ont convenu de ne pas toucher, sachant bien, toutefois que des aménagements ont été apportés, le dernier en date est l’accord de 2014 relatif à l’exemption des visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques. Cette question est résolue car elle ne sera certainement pas discutée car c’est l’Algérie qui y a mis fin de sa propre initiative, coupant ainsi l’herbe sous les pieds à un certain Bruno Rétaillau qui en faisait une question importante. Les autorités algériennes lui font ainsi savoir que ce n’est plus une question puisque tous les détenteurs de passeports diplomatiques ont l’obligation de ne plus fouler le territoire français munis de tels documents même si’ils en ont envie. Que reste t-il donc comme demande expresse dans le dossier immigration si cher au ministre français de l’intérieur ? La question des OQTF bien sûr qu’il faut régler au plus vite d’où la présence de Gérald Darmanin dans la délégation qui accompagne Jean Noel Barrot. Pourquoi lui ? Parce que d’une manière ou d’une autre c’est de son ministère que dépend la décision finale d’expulsion à travers les juridictions qui en ont la charge. Il y aura peut être un compromis sur la question des recours. Ceux-ci seront peut être réduits à un seul coté français. Coté algérien il y aura vraisemblablement une plus grande facilité des consulats algériens d’accorder plus rapidement et sans exclusive leur accord concernant l’expulsion d’immigrés clandestins algériens. Nous parlons ici de nos ressortissants qui n’ont pas de permis de séjour ou que celui –ci ait expiré. Quant aux ressortissants nationaux qui auront commis des délits préjudiciables ou des crimes pénalement sanctionnables leur sort sera automatiquement réglé par les consulats d’Algérie qui autoriseront l’expulsion de ceux–ci si une décision de la justice française le confirme. Bref tout ce qui était flou jusqu’ici mais qui ne l’était pas en réalité car les accords ente les deux pays étaient suffisamment clairs à ce sujet deviendra après ce voyage à Alger du ministre Barrot tout à fait limpide. Le ministre français sera reçu par le président Tebboune. A l’issue de cette rencontre le communiqué commun qui sera communiqué aux médias algériens et français révèlera la suite à donner à cette visite. On sait déjà que les présidents français et algériens ont convenu de se revoir pour consolider une entente mise à mal par la décision du président français de reconnaitre la «marocanité» du Sahara occidental. Il semble toutefois que cette question ait perdu de son acuité si on analyse les propos du président algérien lors de l’entretien qu’il a accordé récemment aux médias nationaux en disant que cette reconnaissance était une initiative française connue de l’Algérie depuis longtemps. Ne faut –il pas comprendre par là que ce qui est fait ne peut être défait et qu’il faut passer à autre chose ?
